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Visuel actu dossier Antiparasitaires estampillé. © Inra, Vérnique Gavalda

Antiparasitaires : homme et animal, même combat !

Par Pascale Mollier et Delphine Achour
Mis à jour le 24/02/2017
Publié le 07/12/2015

Les parasites intestinaux, pulmonaires ou cutanés affectent les hommes comme les animaux. Le prix Nobel de Médecine 2015 récompense le développement de médicaments antiparasitaires pour l'homme, tandis que l'Inra et l'Ecole vétérinaire de Toulouse ont oeuvré dans le domaine de la santé animale, donnant une belle illustration de la dynamique "One health" : une seule médecine, une seule santé.

L’attribution du prix Nobel de médecine 2015 pour le développement de médicaments antiparasitaires (1) rappelle l’enjeu majeur que représente la lutte contre les maladies parasitaires en santé publique et en santé animale. Ainsi, les avermectines permettent de traiter des parasitoses telles que la cécité des rivières et la filariose lymphatique  qui concernent environ 150 millions de personnes dans le monde. Cependant, les avermectines ont été initialement développées pour des usages chez les animaux d’élevage, contre des parasites intestinaux, cutanés et pulmonaires. L’histoire de ces médicaments illustre parfaitement la dynamique « One Health » : « une seule médecine, une seule santé- », dans une perspective partagée entre homme et animaux.

Depuis la mise sur le marché des avermectines dans les années 80, l’Inra et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) ont grandement contribué à la compréhension de leurs mécanismes d’action et à leur usage raisonné dans les élevages. Les expérimentations portent sur les bovins, les caprins, les ovins, les chevaux, mais aussi sur des espèces plus exotiques (chameaux, zébus,..) et des animaux de compagnie.

 Plus de 200 articles ont été publiés sur le sujet depuis 1980 dans des revues à comité de lecture. Ce dossier rassemble les principaux résultats de ces recherches.

 

(1) Artémisine ou artémisinine, d’origine végétale, contre le paludisme et avermectines, d’origine bactérienne, contre les parasites intestinaux, lymphatiques, pulmonaires et cutanés.

Quelques avancées marquantes de l’Inra

Années 1980-2000 : 

- L’hypodermose, une maladie parasitaire bovine, est éliminée en France, grâce à l’étude de l’épidémiologie et de la biologie du parasite (les larves d’une mouche) et à la recommandation d’usage de micro-doses d’ivermectine (0,002 mg/kg), efficaces à 100% sur le premier stade larvaire (voir partie 10).

 Années 1990 :

- L’ivermectine, si elle est mal utilisée, peut être un contaminant alimentaire : démonstration de la persistance de l’ivermectine dans le lait aux doses recommandées (0,2 mg/kg) et justification de son encadrement réglementaire pendant les périodes de lactation (voir partie 9).

- L’adaptation des posologies a permis de réduire considérablement les doses d’ivermectine administrées et de modifier les modes d’administration pour limiter grandement ses effets indésirables sur l’environnement.

Années 2000 :

- On découvre que l’ivermectine, en application percutanée chez les bovins, se retrouve ingérée puis éliminée largement dans les fèces, du fait des comportements de léchage des animaux, d’où l’intérêt de l’injection sous-cutanée (voir partie 8). On comprend également pourquoi l’ivermectine est toxique chez des individus hypersensibles dans certaines races de chiens (voir partie 6).  

 Années 2010 :

- Les recherches actuelles visent à anticiper et retarder l’apparition et la diffusion de résistances à l’ivermectine chez les parasites. (voir partie 6 et 7).