Visuel actu dossier Tactiques anti-tiques estampillé. © Inra, Véronique Gavalda

Tactiques anti-tiques

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 24/02/2017
Publié le 16/03/2016

Les tiques, vecteurs importants de maladies humaines et animales : un danger croissant...Ce dossier rassemble quelques résultats marquants obtenus à l'Inra sur ces petits acariens si encombrants...

Représentation schématique des travaux de recherche conduits par l'Inra et ses partenaires sur les maladies à tiques (septembre 2016).. © Inra
Représentation schématique des travaux de recherche conduits par l'Inra et ses partenaires sur les maladies à tiques (septembre 2016). © Inra

Les chercheurs de l’Inra ont réalisé plusieurs percées spectaculaires qui sont détaillées dans ce dossier :

  • Article 2 : mise au point d'un test in vitro, transmission par la salive, pistes de vaccin.
  • Article 3 : 50% des tiques analysées dans les Ardennes portent des agents pathogènes, 25% en portent de 2 à 5 simultanément.
  • Article 4 : Les tiques peuvent transmettre la maladie des griffes du chat (bactérie du genre Bartonella).
  • Article 5 : Séquençage haut débit du microbiote des tiques : ensemble des microorganismes présents, bactéries, virus, protozoaires.
  • Article 6 : Séquençage de protozoaires parasites du genre Babesia transmis par les tiques. 
  • Article 7 : L'écureuil de Sibérie est un meilleur vecteur de tiques que les rongeurs autochtones.
  • Article 8 : Les micro-mammifères des haies et bosquets (mulots) sont de meilleurs vecteurs de tiques que les campagnols (habitats isolés).
  • Article 9 : Projet de séquençage du génome de la tique commune.
  • Article 10 : Identification d'une nouvelle espèce de tique dans le Sud de la France.

Les tiques, premier vecteur mondial de maladies animales

Les tiques sont le premier vecteur de maladies animales dans le monde, le deuxième pour les maladies humaines après le moustique. Chez l’homme, elles transmettent la bactérie responsable de la maladie de Lyme, qui provoque 27 000 nouveaux cas par an en France, mais aussi le virus de l’encéphalite à tiques ou la bactérie de l'anaplasmose granulocytaire (1).

Chez les animaux d’élevage, les agents pathogènes transmis par les tiques peuvent engendrer des baisses de production importantes (babésioses, theilerioses (2)). Les animaux d'élevage représentent en outre des réservoirs de tiques qui peuvent ensuite infecter l'homme.

Les paysages agricoles peuvent influer sur la faune sauvage transmetteuse de tiques et sur ses interactions avec les animaux d'élevage et l'homme.

 

           (1) Anaplasmose granulocytaire : zoonose émergente bactérienne, provoquant un syndrome grippal aigu et non spécifique.

           (2) Theilerioses : parasitoses tropicales affectant le bétail, à importance économique.

Un danger croissant

Dans la majorité des cas, une même tique peut héberger plusieurs agents susceptibles d’être transmis. Or, les populations de tiques augmentent en France, conjointement avec l’augmentation de certains hôtes sauvages comme les chevreuils. Elles sont particulièrement nombreuses dans l’Est de la France. Le virus de l’encéphalite à tiques, qui sévit en Europe de l’Est, a déjà été détecté chez des tiques en Alsace. Et que dire du virus de la fièvre hémorragique Crimée-Congo (CCHF), dont les symptômes s’apparentent au virus Ebola, qui a été détecté en Turquie ? Rien n’indique que les tiques européennes, très généralistes dans les pathogènes qu’elles véhiculent, ne pourraient pas transmettre et propager ce virus chez l’animal et chez l’homme.

Les tiques sont difficiles à étudier

Schéma du cycle de la tique Ixodes ricinus Sarah Bonnet unité Bipar. © Inra
© Inra

Les tiques ont un cycle complexe, avec plusieurs hôtes successifs. Leurs repas de sang peuvent durer jusqu’à 12 jours. Ce qui rend leur élevage compliqué pour des études en laboratoire.