Symptômes de flavescence dorée sur cépage rouge de Cabernet Sauvignon. © Sandrine Eveillard

La flavescence dorée de la vigne

Mis à jour le 23/09/2015
Publié le 26/03/2013

L'Inra, qui était déjà en pointe dans les années 50 sur l'identification de l'agent de la flavescence dorée et de son insecte vecteur, a réalisé des avancées significatives sur la biologie de ces organismes. Ces nouvelles connaissances ont permis de mettre au point un test de détection spécifique de cette maladie, et d'ouvrir des pistes sur des méthodes de lutte autres que l'utilisation d'insecticides. Car actuellement, la flavescence dorée est incurable : elle n'est contenue que par l'arrachage des ceps contaminés, le contrôle des plants de pépinières et la lutte insecticide contre le vecteur.

Un fort impact agronomique

La flavescence dorée est une maladie de quarantaine particulièrement contagieuse et incurable chez la vigne. Elle se caractérise par un jaunissement des feuilles et un dépérissement du raisin. On la trouve dans la plupart des zones de production viticole du sud de l'Europe, où elle peut occasionner de fortes pertes de récolte et compromettre la pérennité des vignobles. Aujourd’hui, plus de la moitié de la superficie du vignoble français est en zone de lutte obligatoire.

 Un  agent pathogène particulier

 Comme d’autres jaunisses végétales, la flavescence dorée est causée par des phytoplasmes, sortes de petites bactéries sans paroi de la classe des Mollicutes. Ce sont des parasites intracellulaires obligatoires se reproduisant dans le phloème des plantes et dans des insectes piqueurs-suceurs qui s’en nourrissent. Le principal vecteur des phytoplasmes de la flavescence dorée est la cicadelle Scaphoideus titanus. En prélevant du phloème contaminé et en allant se nourrir sur un autre pied, cet insecte propage la maladie dans le vignoble, de manière analogue à la propagation de la malaria chez l’homme par les moustiques anophèles. La transmission à longue distance est par contre essentiellement due au transport par l’homme de matériel végétal contaminé pour la plantation.

 La recherche est nécessaire pour trouver des traitements

 Les moyens de lutte actuels reposent sur l’arrachage des ceps atteints, la prophylaxie de l’état sanitaire des plants de pépinière, et les traitements insecticides contre le vecteur. Ces traitements sont obligatoires, polluants, coûteux, et contrecarrent la démarche de réduction de pesticides de la filière viticole. Ces plans de lutte obligatoire posent en outre d’énormes problèmes aux viticulteurs engagés en Agriculture Biologique ou en processus de conversion vers celle-ci.

Proposer des méthodes qui vont permettre de mieux gérer la lutte actuelle et développer des solutions de lutte alternatives plus économes en insecticides est donc indispensable à court terme. Ceci nécessite une meilleure connaissance du pathogène, du vecteur et des mécanismes qui gouvernent les interactions entre le phytoplasme, la cicadelle et la vigne.

 Une nouvelle dynamique de recherche au centre Inra de Bordeaux Aquitaine

A l’Inra de Bordeaux, deux unités de recherche travaillent conjointement sur le système triangulaire de la flavescence dorée : phytoplasme/cicadelle vectrice/vigne. L’une (1) se consacre au phytoplasme : son origine, l’évolution des épidémies, et l’interaction avec ses hôtes (plante et insecte). L’autre (2) étudie l’insecte vecteur, son comportement en relation avec la plante hôte, l’histoire de son introduction et de son expansion en Europe.

(1)   UMR Biologie du Fruit et Pathologie (BFP 1332), équipe « Mollicutes ».

(2)   UMR Santé et Agroécologie du Vignoble (SAVE 1065).

L’Inra a joué un rôle important dans l’étude de cette épidémie.

Dès les années 1950, l'Inra a été en pointe, tant sur l'identification de la nature de la maladie que sur la découverte du vecteur. Les travaux postérieurs se sont attachés à lutter contre la flavescence dorée et à mieux comprendre les mécanismes la régulant. L'essentiel de ces recherches ont été menées à Bordeaux et à Dijon. Des essais de lutte biologique ont été tentés à l'Inra de Sophia-Antipolis, malheureusement sans succès jusqu'à présent.

Pour en savoir plus

Voir les vidéos de la Journée d'information scientifique et technique du 26 mai 2014 : "La Flavescence dorée, aujourd'hui et demain".