• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Le sexe des truffes en kit

Grâce à un kit de diagnostic développé par l’Inra, il est possible de distinguer les truffes « mâles » des « femelles ». Le but ? Optimiser les rendements des truffières, mais aussi détecter les fraudes.

Truffe. © inra, Jacques Guimberteau
Mis à jour le 12/12/2013
Publié le 15/12/2010

La truffe a une vie sexuelle. C’est ce qu’ont découvert Francis Martin et ses collègues de l’unité Interactions arbres­/micro-organismes (Inra Nancy - Université de Lorraine) qui travaillent sur l’analyse du génome de la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum) en étroite collaboration avec des chercheurs français et italiens. Les premiers résultats de ce travail ont été publiés dans la revue Nature en mars 2010 et en 2012 dans la revue New Phytologist.

Ils démontrent que la présence simultanée des deux types sexuels est indispensable pour la formation des truffes. Non seulement les chercheurs ont élucidé les mécanismes de cette reproduction sexuée, mais ils ont également identifié les déterminants génétiques codant pour ces deux types sexuels et les gènes de compatibilité sexuelle.

Des rencontres fructueuses

La truffe récoltée à l’automne est donc une fructification qui résulte de la rencontre souterraine entre les filaments mycéliens de deux truffes de sexes opposés ; elle se déroulerait, selon toute vraisemblance, au printemps dans le sol des truffières.

Depuis plusieurs décennies, la production européenne de T. melanosporum repose largement sur des plantations truffières, les truffes « sauvages » étant de plus en plus rares. Pour réaliser ces plantations, le trufficulteur achète des plants dont les racines ont été « inoculées » (ou mycorhizées) avec du mycélium, la structure filamenteuse du champignon. Ce procédé mis au point par l’Inra dans les années 70, associé à des pratiques culturales adaptées, a permis de maintenir un niveau de production constant ces dernières années. Toutefois, il existe des plantations où bien des arbres ne produisent pas.

Dans un souci constant d’améliorer la qualité des plants mycorhizés produits sous licence avec l’Inra, un programme de recherche conjoint entre l’Inra, les pépinières Robin et Agritruffe a été initié pour réaliser une cartographie de la distribution des mycorhizes formées par les mycéliums des deux types sexuels sur les plants mycorhizés. Le kit d’identification mis au point par le consortium franco-italien permet aussi la « cartographie » de la répartition des sexes dans une parcelle. Dans une étude publiée récemment dans la revue New Phytologist, les chercheurs de l’Inra ont montré que la colonisation du système racinaire des arbres dans les truffières en production n’est pas aléatoire suggérant une véritable « guerre des sexes » dans le sol des truffières.

Contre les simulateurs

Cette première retombée concrète des recherches sur le génome de la truffe peut avoir une autre application très utile : le kit permet de distinguer T. melanosporum des autres espèces de truffes. Ceci est particulièrement important pour distinguer la truffe noire du Périgord de la truffe de Chine (T. indicum) qui lui ressemble en apparence, mais qui n'a guère de parfum. Par rapport aux techniques d’identification déjà existantes, le kit de diagnostic « deux-en-un », pourrait donc devenir un outil de travail non seulement pour améliorer la qualité des plants mycorhizés et la production des truffières, mais aussi pour les professionnels de la filière chargés du contrôle et de la vente du champignon.

Des contacts ont déjà été pris par des entreprises souhaitant commercialiser ce kit. Les recherches se poursuivent actuellement avec l’analyse des génomes des autres espèces, comme la truffe blanche d’Alba (T. magnatum) et la truffe de Bourgogne (T. aestvum).

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Francis Martin US1371 ARBRE Recherches Avancées sur la Biologie de l’Arbre et les Ecosystèmes Forestiers
Département(s) associé(s) :
Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Centre(s) associé(s) :
Dijon Bourgogne Franche-Comté