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Apprendre les agrosciences en ligne, c’est pour demain

Le projet Agreenium  Université en ligne, lancé en 2014, vise à développer une offre complète de cours en ligne dans le domaine des agrosciences. Trois questions à Sarah Delage, chef de projet opérationnel.

Jeune fille devant un ordinateur.. © Inra, MAITRE Christophe
Par Pascale Mollier
Mis à jour le 04/11/2014
Publié le 04/11/2014

Qu’est-ce que l’Université en ligne en agrosciences ?

Sarah Delage : C’est une initiative d’Agreenium (1), consortium regroupant les principaux acteurs de la recherche et de la formation supérieure agronomiques et vétérinaires. Il s’agit de proposer un ensemble de produits de formation en ligne sous un  portail commun, qui ouvrira en septembre 2015. C’est un projet ambitieux puisqu’il s’agit de couvrir une grande diversité de thèmes en agrosciences, avec des niveaux différents de licence-master-doctorat, et pour différents publics (étudiants, professionnels, enseignants…). Nous allons commencer par développer des MOOC (2). Les premiers porteront sur des thèmes comme l’agroécologie, l’introduction aux sciences vitivinicoles, l’épidémiologie en santé animale, l’adaptation de l’agriculture au changement climatique ou l’agriculture biologique. L’objectif est de produire six à sept MOOC par an, et de développer d’autres types de formations, diplômantes ou non, ainsi qu’une médiathèque proposant des ressources documentaires et pédagogiques.

Comment peut se positionner l’enseignement en ligne par rapport à l’enseignement présentiel ?

S. D. : Il n’est pas question de remplacer la présence des professeurs, surtout pour les étudiants en formation initiale qui ont besoin de lien social pour se motiver. La tranche étudiante visée est plutôt celle des 25-40 ans qui ont déjà un certain niveau de diplôme. L’enseignement en ligne est aussi particulièrement adapté pour la formation continue, avec plus de souplesse que les cours du soir. Par ailleurs, le public des étudiants étrangers est très concerné, car cela leur évite les frais de résidence dans le pays formateur : au Sénégal par exemple, il existe une université qui fonctionne seulement avec des cours en ligne. Les étudiants ont des tablettes, et bénéficient cependant d’un tutorat en présentiel, ainsi que des lieux d’examens sur place. Nous sommes en train de développer un partenariat avec les universités de l’Océan Indien (La Réunion, l’ile Maurice et Madagascar) et nous allons également le faire prochainement avec les pays francophone du pourtour méditerranéen.

Comment est financé ce projet ?

S. D. : Nous étudions différents modèles économiques. Au départ, le projet d’Agreenium Université en ligne a été conçu avec une logique de start-up : un investissement de départ pour la construction d’une offre de produits, non rentable au début, puis une recherche d’équilibre budgétaire. Les MOOC sont des formations gratuites, mais les formations diplômantes ou la formation continue sont payantes et sont donc source de recettes. Des financements privés (mécénat) ou publics, dans le cadre de la politique gouvernementale, sont possibles, bien que l’on observe en ce moment un certain désengagement de l’Etat. Parallèlement, des PME françaises développent des MOOC, avec accès gratuit mais abonnement payant pour avoir accès à certains supports d’enseignement, ce qui leur permet de reverser une partie de ces gains aux producteurs de contenus. C’est pourquoi, à l’instar de ces structures privées, et bien que beaucoup d’enseignants s’engagent par passion, il est important d’étudier des solutions d’intéressement des auteurs dans notre projet d’Université en ligne. Par ailleurs, certains coûts peuvent être réduits par la mutualisation (développement du portail, hébergement, maintenance, communication, etc.).

 

(1) Agreenium : Agreenium a été créé en 2009 sous la forme d’un établissement public de coopération scientifique (EPCS) par les trois ministères en charge de l’Agriculture, de la Recherche et des Affaires étrangères. Il regroupe actuellement l’Inra, le Cirad, AgroParisTech, Agrocampus Ouest, Montpellier SupAgro, l'Institut National Polytechnique de Toulouse (en substitution de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse et de l’ENSA Toulouse), AgroSup Dijon et Bordeaux Sciences Agro.

(2) MOOC : « Massive open on line course », voir le glossaire.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Centre(s) associé(s) :
Paris-Siège de l'Inra

Appel aux contributeurs, chercheurs et enseignants-chercheurs

De gauche à droite : Carole Laisné, Philippe Prevost et Sarah Delage.. © Inra
De gauche à droite : Carole Laisné, Philippe Prevost et Sarah Delage. © Inra

Philippe Prevost dirige l’équipe opérationnelle, composée de Sarah Delage, salariée d’Agreenium et de Carole Laisné, chargée de mission à Agrosup Dijon. Il est aussi chercheur en sciences de la formation et était auparavant directeur de l’enseignement de Montpellier SupAgro.

« Notre projet s’inscrit dans un contexte caractérisé d’une part par la mondialisation de la recherche et de l’enseignement, d’autre part par la forte sollicitation des Agrosciences pour répondre aux défis posés à l’activité agricole. Il est donc important à la fois de faire connaître les résultats de la recherche française, qui est en pointe dans le domaine, et de toucher un vaste public. En créant l’Université en ligne, nous participons aussi à l’innovation pédagogique, l’apprentissage numérique étant de plus en plus présent dans l’enseignement, comme l’atteste le plan « France Université numérique », qui s’est traduit par la création d’une plateforme nationale de mise en ligne de MOOC (FUN-MOOC). Pour toutes ces raisons, nous encourageons les chercheurs et les enseignants à collaborer pour créer des contenus dont ils pourront s’enrichir mutuellement ».

Philippe Chemineau. © Inra

Faire partager les recherches de l’Inra

Philippe Chemineau est le correspondant Inra d’Agreenium Université en ligne. Il est aussi directeur d'unité de la structure « Direction de l'Action Régionale, de l'Enseignement Supérieur et de l'Europe ».

« Tous les partenaires d’Agreenium sont parties prenantes du projet Université en ligne. Pour sa part, l’Inra est surtout fournisseur de contenus, d’une part grâce aux ressources documentaires et pédagogiques qui existent déjà à l’Institut, d’autre part via l’engagement de certains de ses chercheurs dans la production de cours en ligne. Nous encourageons ces initiatives, en identifiant des thèmes correspondant aux priorités de l’Inra et en favorisant des associations entre les chercheurs et les enseignants chercheurs présents dans les UMR, la complémentarité entre les deux types de métier étant un gage de réussite. Nous souhaitons aussi développer des contenus avec nos partenaires francophones, en tenant compte de nos intérêts thématiques réciproques. »