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Illustration épigénétique. © Inra

Epigénétique et élevage : des retombées dans quelques années

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 16/02/2017
Publié le 20/05/2014

Les organismes vivants possèdent un génome, mais aussi DES épigénomes. Que sont ces épigénomes ? ce dossier donne des éléments de compréhension et des résultats récents obtenus à l’Inra dans le domaine de l’épigénétique des animaux d’élevage.

Les carences alimentaires, les maladies, les stress subis par les grands parents influencent-ils le devenir de leurs petits enfants ? Les plantes multipliées végétativement et les animaux clonés sont-ils identiques et se comportent-ils de la même façon ?

Ces questions, et d’autres, sont actuellement étudiées à la lumière de l’épigénétique. Les modifications de type épigénétiques constituent une strate d’information supplémentaire apposée sur le génome et qui module l’expression des gènes. Cette strate est indispensable à la différenciation cellulaire et au développement de l’individu. Les recherches commencent à montrer que certains facteurs de l’environnement (stress, alimentation, interactions comportementales,…) peuvent modifier cette strate épigénétique, mais les cas avérés de transmission de ces modifications à la descendance (épigénétique transgénérationelle) restent extrêmement rares.

 L’épigénétique est un domaine de recherche en plein développement. Il a été abordé d’abord dans le règne végétal, puis dans le règne animal. Pour les scientifiques, il s’agit avant tout d’en comprendre les mécanismes sous-jacents.

Hervé Vaucheret (1), spécialiste dans le domaine végétal, développe : « je ne pense pas qu’on puisse prétendre aujourd’hui utiliser l’épigénétique pour la sélection et l’amélioration des plantes. On peut décrire, apporter des réponses sur des mécanismes, identifier des marqueurs : de même que l’on a identifié des marqueurs génétiques, on va pouvoir identifier des marqueurs épigénétiques liés à des traits agronomiques d’intérêt, et comprendre pourquoi telle plante est mieux adaptée qu’une autre à un milieu donné. Je pense que c’est ce que le public attend des scientifiques : les aider à comprendre ce qui se produit et non pas obligatoirement les amener à désirer des produits nouveaux ».

 Côté élevage, difficile d’imaginer des retombées immédiates des connaissances  épigénétiques. Cependant, pour Hélène Jammes (2), spécialiste du développement animal : « l’épigénétique permet de comprendre les effets de l’environnement sur les performances des animaux. Dans un contexte de changement climatique et de concurrence mondiale, les changements de pratique d’élevage peuvent avoir des conséquences à long terme. Tout cela doit être évalué. Il faut donc aller le plus loin possible dans la compréhension des mécanismes, puis utiliser les informations obtenues pour adapter les conditions d’élevage de manière à optimiser l’expression des gènes et optimiser le potentiel intrinsèque des animaux ».

 Ce dossier rassemble quelques résultats récents obtenus à l’Inra dans le domaine de l’épigénétique des animaux d’élevage.

 (1) Hervé Vaucheret s’est intéressé aux mécanismes de l’épigénétique et en particulier au rôle des petits ARN à partir du modèle des plantes transgéniques. Il a reçu plusieurs distinctions pour ses travaux, dont la Médaille d’Argent du CNRS en 2005. Voir l'article qui lui est consacré.

(2) Hélène Jammes travaille sur les signatures épigénétiques impliquées dans la construction du phénotype. Elle est l’une des 17 chercheur(se)s de l’Inra distingués en 2012 par l’Académie d’Agriculture de France pour ses travaux sur l’épigénétique appliquée au secteur animal. Voir l'article.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas
Unité(s) associée(s) :
UMR1198 BDR Biologie du Développement et Reproduction