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Tête de vache Holstein.
Marquage renu illisible pour confidentialité élévage.. © Inra, NICOLAS Bertrand

Mieux comprendre et maîtriser les épidémies en les modélisant

Par Pascale Mollier - Delphine Achour-Carbonell
Mis à jour le 28/11/2016
Publié le 25/11/2016

Des modèles récents et originaux sur le plan international permettent désormais de comprendre et de simuler, à l'échelle de la région, la propagation de maladies endémiques bovines. Ils tiennent compte au plus près de la dynamique des troupeaux et des modes de transmission de la maladie intra et inter-troupeaux. Appliqués à la paratuberculose, à la fièvre Q et au virus de la maladie des muqueuses, ces modèles permettent de tester des scénarios de contrôle pour chaque endémie.

C’est en 1760 que Daniel Bernouilli réalise le premier travail de modélisation en épidémiologie sur la variole (petite vérole). A partir de trois hypothèses simplificatrices, son modèle démontre que le procédé de variolisation (1) est efficace contre ce fléau particulièrement meurtrier qui emportera Louis XV en 1774. Il montre aussi que la moitié des morts de variole décèdent avant l’âge de cinq ans et qu’il faut donc pratiquer la variolisation avant cet âge.

La modélisation est encore de nos jours un outil puissant et incontournable d’évaluation lorsque survient un problème de santé publique avec de nombreuses incertitudes. Dans le cas du VIH par exemple, ce sont les biomathématiciens qui prédisent dès le début de l’infection que 100% des personnes séropositives vont développer la maladie, mais avec une durée d’incubation longue.

Ce sont aussi des modèles mathématiques qui montrent que l’on doit s’attendre à une forte épidémie de mésothéliome dû à l’amiante dans les premières décennies du XXIe siècle en Grande-Bretagne et en France, des travaux qui ont sans doute pesé sur l’évolution de la réglementation.

Prédire le risque futur des expositions passées, mais aussi évaluer des stratégies de prévention et de maîtrise, aider à l’expérimentation, évaluer des paramètres inaccessibles à l’observation, sont autant de vertus des modèles mathématiques en épidémiologie.

En épidémiologie animale, les chercheurs de l’Inra utilisent de nombreux modèles. Parmi les plus récents et les plus originaux sur le plan international, de nouveaux modèles mécanistes dynamiques ont été appliqués à des maladies endémiques comme la diarrhée virale bovine (BVD), la paratuberculose ou la fièvre Q chez les bovins. Ce dossier fournit des explications sur la structure et la portée de ces modèles.

 

(1) Variolisation : injection préventive de pus de varioleux convalescent. Procédé ramené de Constantinople par Lady Montagu.