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Une nouvelle voie de l’immunité déclenchée par des infections bactériennes

Des chercheurs de l'INRA, de l'Institut Pasteur, de l'Inserm, de l’Université Paris Descartes et de l’Université de Freiburg ont montré pour la première fois que les interférons “lambda”, des acteurs de l’immunité, sont produits lors d’infections par des bactéries dites à Gram+, tels les agents de la listériose, de la staphylococcose et de la tuberculose. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension des mécanismes de la réponse immunitaire innée dans les tissus épithéliaux comme l’intestin, les poumons et le placenta.

Les gènes des interferons λ sont induits dans le noyau de cellules épithéliales infectées par la bactérie Listeria. La photo montre des cellules,dont le cytosquelette cellulaire est marqué en vert et le noyau en bleu, et infectées par des bactéries marquées en rouge.. © inra, H. Bierne
Par Service de presse
Mis à jour le 17/04/2014
Publié le 25/07/2012

Les interférons font partie d’un groupe de protéines particulières, appelées cytokines, naturellement présentes dans notre corps et qui servent de messagers entre diverses cellules afin d’aider le système immunitaire à combattre les infections et les tumeurs. Jusqu’à présent, les interférons connus pour leur implication dans les maladies bactériennes étaient les interférons de type I (IFN-a, IFN-ß) et II (IFN-γ). Un troisième type d’interféron, l’interféron λ, a récemment été associé à des maladies virales.

Après avoir montré que les interférons λ étaient sécrétés par des cellules épithéliales en culture infectées par la bactérie Listeria, les chercheurs ont mis en évidence leur induction dans des placentas de souris gestantes au cours de la listériose. Or chez la femme enceinte, la Listeria infecte préférentiellement le placenta (constitué principalement de cellules épithéliales). Les chercheurs ont par ailleurs identifié d’autres espèces bactériennes capables de déclencher l’expression de ces interférons, comme les staphylocoques et les mycobactéries. En revanche, les bactéries de type salmonelles, shigelles et chlamydia ont peu d’effet sur la synthèse de ces molécules. Au vu de ces résultats, les chercheurs s'interrogent sur la raison de cette spécificité qu’ont certaines bactéries Gram+ à déclencher l’expression des interférons λ dans les cellules épithéliales. D’autres recherches sont nécessaires pour déterminer le rôle de ces cytokines dans la persistance des bactéries dans les tissus épithéliaux.

Ces travaux ouvrent la possibilité que les interférons λ puissent être utiles pour diagnostiquer ou traiter des infections chroniques, comme la tuberculose, les maladies nosocomiales provoquées par les staphylocoques, ou les listérioses chez les femmes enceintes ou les patients immunodéprimés.

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Microbiologie et chaîne alimentaire

Référence

Hélène Bierne et al. Activation of Type III Interferon Genes by Pathogenic Bacteria in Infected Epithelial cells and Mouse Placenta. PLoS ONE, 14 juin 2012, DOI: 10.1371/journal.pone.0039080