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PROSPECTIVE Agrimonde. © inra

Prospective Agrimonde : comment nourrir le monde en 2050 ?

Marché alimentaire à Delhi, Inde. © LE BASTARD Rémi

Les défis d’Agrimonde : le changement des comportements alimentaires

La transformation des comportements alimentaires dans le sens du jeu d’hypothèses d’Agrimonde 1 est-elle plausible ? Eléments de réponses présentés lors du colloque Agrimonde en octobre 2009.

Mis à jour le 24/04/2013
Publié le 26/02/2013

Scénario de rupture, Agrimonde 1 repose sur une convergence des consommations alimentaires apparentes à 3 000 kcal/jour/habitant dont 2500 d’origine végétale. Cette norme unique masque des trajectoires contrastées selon les zones. En Afrique subsaharienne, le développement économique, en premier lieu le développement agricole, devra être suffisamment dynamique pour augmenter les revenus, accroître et diversifier les consommations alimentaires.
À l’inverse, dans les pays développés de l’OCDE, les consommations alimentaires apparentes et la part des produits animaux dans celles-ci auront diminué en dépit de la croissance des revenus par tête. Ces deux ruptures sont-elles imaginables ? Trois pistes de réflexion en guise de premières réponses.

Les évolutions des consommations alimentaires se décomposent en trois phases en fonction de l’augmentation des revenus : une première phase de croissance quantitative de tous les aliments, puis une deuxième de modification des paniers qui s’enrichissent en produits animaux, glucides et graisses saturées, enfin une troisième de stationnarité de la composition en macronutriments. On peut légitimement supposer que les ménages des pays développés et de plusieurs pays émergents se situeront, dans leur très grande majorité, dans la troisième phase du cycle en 2050. Par ailleurs, les personnes âgées de plus de 60 ans représenteront alors plus de 20% de la population mondiale (10% aujourd’hui). Les besoins caloriques de ces personnes étant moindres, le vieillissement de la population mondiale pourrait aussi contribuer à rendre plausible la diminution des consommations alimentaires moyennes dans les pays riches.

La baisse des disponibilités alimentaires apparentes à 3 000 kcal/jour/habitant ne signifie pas nécessairement diminution des quantités ingérées si elle s’accompagne d’une réduction concomitante des pertes et des gaspillages. Ces pertes et gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale sont considérables, environ 800 kcal/jour/habitant, et, pour l’essentiel, le fait des pays développés. Les comportements de consommation visant à les réduire sont aujourd’hui marginaux. Ils pourraient demain prendre de l’ampleur sous l’effet d’une prise de conscience plus large des conséquences négatives des gaspillages sur l’environnement et la santé, relayée par des politiques publiques fortes en ce domaine.

En écho à ce dernier point, le scénario AG1 suppose que le régulateur public ait mis en place les mesures nécessaires pour lutter contre la suralimentation et les maladies associées. Il s’agit là d’un défi majeur. Les mesures sont encore aujourd’hui trop peu nombreuses et principalement basées sur l’éducation et l’information des consommateurs. Celles-ci ne suffiront pas. Elles devront s’insérer dans des politiques de santé publique plus ambitieuses reposant sur une palette plus large  d’instruments et une compréhension fine des comportements alimentaires et de leurs relations à la santé.