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PROSPECTIVE Agrimonde. © inra

Prospective Agrimonde : comment nourrir le monde en 2050 ?

Une même parcelle à des saisons différentes : colza début floraison  et arbre en fleurs (voir images référencées 9114-0068.jpg, 9114-0073.jpg). © CARRERAS Florence

Les défis d’Agrimonde : quelles options technologiques et organisationnelles pour l’intensification écologique ?

La mise en oeuvre de l'intensification écologique nécessaire au scénario G1 passe par de multiples contraintes : technique mais aussi sociale, économique, politique... Le colloque Agrimonde organisé en octobre 2009 donne des pistes de réflexion.

Mis à jour le 24/04/2013
Publié le 26/02/2013

Dans une acception étroite, l’intensification écologique des systèmes agricoles à l’œuvre dans le scénario G1 peut se définir comme une agronomie exploitant au mieux les processus écologiques. Cette agronomie renouvelée sera plus économe en énergies fossiles, valorisera au mieux la capacité des sols à mobiliser la matière organique via, par exemple, des associations culturales ou un travail du sol adapté, luttera contre les ennemis des cultures par des méthodes de protection et de production intégrées reposant sur les auxiliaires des cultures, les successions culturales ou l’organisation du parcellaire, résistera mieux aux maladies en ayant recours à un plus grand nombre d’espèces et de variétés...
Loin de l’image passéiste qui lui est parfois associée, l’intensification écologique devra tirer profit des avancées scientifiques et techniques via, par exemple, le recours aux biotechnologies, la télédétection ou encore la sélection assistée par ordinateur. Simultanément, elle exploitera aussi les savoirs et les savoir-faire traditionnels.

L’intensification écologique ne saurait se réduire à cette seule dimension technique.
Elle doit aussi être pensée en tant que mode d’organisation sociale, économique, politique, spatiale... À titre d’illustration des enjeux relatifs à la dimension spatiale analysée ici en termes d’organisation des espaces agricoles et naturels, on distinguera deux modèles :
• D’une part, un modèle ‘ségrégationniste’ qui sépare les espaces cultivés de ceux qui ne le sont pas au titre de la protection de l’environnement. Ce premier modèle requiert des innovations de façon à limiter les dommages environnementaux dans l’espace productif. Mais c’est principalement dans le cadre de l’espace non productif que sont pensés les problèmes environnementaux globaux et leur résolution conduisant, à l’extrême, à leur sanctuarisation.

• D’autre part, un modèle ‘intégrationniste’ qui associe, sur un même territoire, différents types de systèmes productifs et fait du territoire une mosaïque d’écosystèmes simultanément source de biens marchands et de services écologiques tels que la préservation des sols, le stockage de carbone ou la protection de la biodiversité. Selon ce deuxième modèle, coexistent au niveau du territoire ou d’une seule unité de production, activités de culture, d’élevage, de foresterie... Ainsi, en Amérique latine, les forêts ne sont plus destinées à la défriche ou à la protection, mais à l’agroforesterie selon des modalités adaptées aux différents contextes subrégionaux. De même, en Afrique du Nord et Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, les zones de parcours sont à la fois une source de nourriture pour les animaux et un élément clé de protection de la biodiversité. Des exploitations agricoles, éventuellement peu performantes à l’aune des critères technico-économiques classiques, jouent néanmoins un rôle environnemental et social essentiel, donnant tout son sens à la notion de multifonctionnalité. Elles peuvent légitimement bénéficier de soutiens publics à ce titre de façon à assurer, si besoin, leur pérennité.