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Marché couvert de Brives la Gaillarde.. © Inra, NICOLAS Bertrand

Vers une alimentation plus durable

Un éclairage neuf sur les controverses

Dans le cadre de DuALIne, des réflexions nouvelles ont émergé sur certains points plus ou moins controversés. Entre autres, il apparaît qu’un régime nutritionnellement satisfaisant, riche en légumes et fruits, a un impact carbone équivalent, sinon supérieur, à un régime riche en produits animaux, malgré les idées couramment répandues sur les impacts négatifs de la consommation de viande.

Mis à jour le 22/02/2013
Publié le 17/12/2012

Régimes alimentaires et gaz à effet de serre Impact carbone moyen en fonction du groupe de qualité nutritionnelle et du sexe (g eqCO2/j).. © inra
Impact carbone moyen en fonction du groupe de qualité nutritionnelle et du sexe (g eqCO2/j). © inra

La relation entre régime riche en produits animaux et émission de gaz à effet de serre (GES) n’est pas si simple. Ces produits émettent certes plus de GES par kilogramme que les aliments végétaux, tels que les féculents et les fruits et légumes. Cependant, les régimes à base de végétaux, qui sont nutritionnellement les plus adéquats, en contiennent de telles quantités qu’ils sont associés in fine à des émissions de GES aussi importantes (cas des hommes), voire plus (cas des femmes), que les régimes nutritionnellement inadéquats, qui contiennent plus de viande. C’est ce qu’a montré une étude, réalisée pour duALIne et cofinancée par l’Ademe et l’Inra, qui a examiné et classé les régimes réels des français selon leur adéquation aux recommandations nutritionnelles.  

Finalement, il y donc peu de différences d’impact carbone entre un régime carné et un régime plus riche en végétaux, plus correct nutritionnellement. La réduction de l’impact carbone passerait donc davantage par une baisse des quantités totales ingérées que par une modification de la composition des régimes. Ce constat, s’il est confirmé par des études plus poussées, pose la question des conditions et de la faisabilité d’un modèle économique favorisant une limitation des quantités consommées : dans quelle mesure les acteurs économiques du secteur agroalimentaire et les consommateurs sont-ils prêts à de tels changements, sous quelles conditions et à quel horizon ?

Amont versus aval des filières

 L’exercice DuALIne a montré l’intérêt d’étudier spécifiquement l’aval des filières agroalimentaires - tout en gardant à l’esprit qu’il faut aussi intégrer l’amont, c’est-à-dire la production agricole. Cependant, il faut encore développer des connaissances sur l’aval de la chaîne. On évalue moins bien les émissions de GES en aval des exploitations agricoles qu’en amont, bien qu’elles soient au moins aussi importantes. De même, le concept d’agroécologie qui se développe au niveau de la production a peu d’équivalent dans le système agroalimentaire de l’aval, l’utilisation (ou la production) de services écosystémiques au stade de la transformation/distribution agroalimentaire étant a priori limitée. Pour l’aval, le paysage scientifique est parcellaire, morcelé, probablement parce qu’il implique de nombreuses communautés aux disciplines plus variées que celles liées à l’agriculture.

Références :

Vieux, F., Darmon, N., Touazi, D. and Soler, L.G., 2012. Greenhouse gas emissions of self-selected individual diets in France : Changing the Q23 diet structure or consuming less? Ecological Economics,75: 91-101. Available at: http://dx.doi.org/10.1016/j.ecolecon.2012.01.003.

Vieux, F.,Soler, L.G., Touazi, D. and Darmon, N., 2013. High nutritional quality is not associated with low greenhouse gas emissions in self-selected diets of French adults. Am. J. Clin. Nutr. (in press)