Gros plan de gousse de pois protéagineux.. © © INRA, WEBER Jean

Le poids des légumineuses

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 02/06/2015
Publié le 27/01/2014

Ce dossier traite des atouts agronomiques des légumineuses, particulièrement en agriculture biologique, et présente quelques résultats récents sur leurs avantages nutritionnels.

Haricot, lentille, pois, pois chiche, fève sont utilisés pour l’alimentation humaine, tandis que l’alimentation animale a recours à d’autres légumineuses, soit sous forme de graines riches en protéines (on parle alors de protéagineux : pois, féverole, soja, lupin) soit sous forme de fourrages (luzerne, trèfle).

La principale caractéristique des légumineuses est leur capacité à fixer l’azote de l’air. Cette propriété, originale dans le monde végétal, leur confère des avantages agronomiques qui prennent un relief particulier dans un contexte d’agriculture durable : économie d’engrais azotés, économie d’énergie fossile nécessaire pour produire, transporter et épandre ces engrais azotés. Et aussi une diminution des émissions de gaz à effet de serre, car la fertilisation azotée est à l’origine d’émissions dans l’atmosphère de protoxyde d’azote (N2O), un gaz ayant un pouvoir de réchauffement climatique environ 300 fois plus élevé que le gaz carbonique.

Un deuxième intérêt des légumineuses est leur contribution à la diversification des rotations agricoles, devenues très courtes et basées sur un tout petit nombre d’espèces. Leur introduction freine le développement de mauvaises herbes, rompt les cycles de parasites et permet une moindre utilisation de pesticides.

Enfin, les légumineuses à graines (pois, féverole, lupin) constituent une source de protéines végétales particulièrement importante pour l'alimentation animale.

Malgré leurs atouts, la culture des légumineuses n’a cessé de chuter en France et en Europe depuis les années 80, pour différentes raisons en partie historiques : bas coût des engrais azotés, soutien économique supérieur aux céréales. Déficitaire en cultures de protéagineux, l’Europe importe 75% des protéines végétales utilisées en alimentation animale, essentiellement sous forme de tourteaux de soja.

Redynamiser la culture des légumineuses est devenu un enjeu pour une agriculture durable. Cela passe par une meilleure maîtrise de la sélection de ces plantes. Mais pas seulement : ce sont aussi des filières agroalimentaires à reconstruire, de nouveaux débouchés à trouver, une nouvelle logistique de collecte et de tri lorsque les légumineuses sont cultivées en association avec des céréales, associations qui représentent une voie de culture prometteuse et de plus en plus explorée.

A propos de

Accroitre la part de légumineuses en grande culture est présentée comme l'une des dix actions clés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans l’étude réalisée par l’Inra pour le compte de l’Ademe, du MAAF et du MEDDE. Cette étude, restituée en Juillet 2013, s'intitule : "Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Potentiel d’atténuation et coût de dix actions techniques".