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Querina (R) Florina' variété résistante à la tavelure. © LE LEZEC Marcel

Rendre durables les résistances aux pathogènes, des mécanismes inédits

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 27/03/2015
Publié le 22/01/2015

Ce dossier fait le point sur différents mécanismes mis en évidence pour éviter ou retarder le contournement des résistances variétales par les pathogènes sur différentes cultures (pommier, colza, vigne, maraîchage, fruitiers).

L'agriculture évolue vers une diminution de l’usage des pesticides, à la faveur d’une prise de conscience progressive de leurs impacts environnementaux et sanitaires. Dans ce contexte, la protection des cultures contre les ravageurs, qui, eux, ne semblent pas en régression, nécessite de développer d’autres stratégies, parmi lesquelles figure en bonne place la création de variétés génétiquement résistantes.

Cependant, cette approche seule ne suffit pas, parce que les pathogènes s’adaptent et contournent plus ou moins rapidement ces résistances. C’est ainsi par exemple qu’il a suffi de quatre années aux champignons pathogènes de la vigne (mildiou et oïdium) pour contourner une résistance monogénique de la vigne déployée en Allemagne.

De ce fait, la gestion durable des résistances fait appel à d’autres leviers, comme la combinaison de plusieurs résistances au sein d’une même variété (pyramidage des gènes), ou leur déploiement alterné dans le temps (rotation des gènes) ou dans l’espace (design de paysages). C’est le thème du programme appelé PRESUME (1), développé dans le cadre du métaprogramme SMACH de l’Inra (voir encadré).

Parallèlement à l’indispensable recherche de nouvelles sources de résistances et à l’élucidation de leurs mécanismes, ce programme développe une approche pluridisciplinaire mêlant génétique, agronomie et sciences sociales, avec pour objectif de concevoir de nouveaux systèmes de culture pour rendre ces résistances plus durables.

Ce dossier présente quelques résultats marquants issus de ce programme.

(1) PRESUME :Plant REsistance Sustainable ManagEment

La santé intégrée des cultures

Le métaprogramme SMaCH, pour Sustainable Management of Crop Health (Gestion Durable de la Santé des Cultures), s’intéresse à la gestion intégrée de la santé des cultures comme alternative à l’usage de pesticides. La gestion intégrée consiste à coordonner plusieurs méthodes, préventives et curatives, sans viser l’éradication mais plutôt la maîtrise des agents pathogènes.

Les métaprogrammes sont des structures mises en place par l’Inra pour fédérer et animer des projets de recherche entre plusieurs départements de recherche, favorisant ainsi l’interdisciplinarité.