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 Observatoire national de déploiement des cépages résistants au mildiou et à l'oïdium, mis en place par l'Inra, en partenariat avec l'IFV et les interprofessions de la vigne.. © Inra, Laurent Delière

Vignes résistantes au mildiou et à l‘oïdium : un déploiement responsable

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 02/02/2017
Publié le 27/01/2017

Les variétés résistantes au mildiou et à l'oïdium, les deux principales maladies foliaires de la vigne, permettent une forte diminution des traitements phytosanitaires et sont fortement attendues par la profession et les consommateurs. Néanmoins, l'Inra préconise un déploiement prudent de ces variétés pour minimiser les risques de contournement des résistances par les agents pathogènes. Ce dossier aide à comprendre la problématique et la position de l'Inra, entre innovation et responsabilité.

Un gène de résistance contourné est un gène perdu. C’est à partir de ce constat sans appel que l’Inra conduit son programme de sélection et de déploiement de vigne résistante aux deux principales maladies foliaires : le mildiou et l’oïdium.

L’Institut privilégie le développement de variétés possédant plusieurs facteurs de résistance, car une résistance plurifactorielle est plus difficile à contourner pour les agents pathogènes qu’une résistance basée sur un seul gène.

En collaboration avec l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), l’Inra développe aussi un Observatoire de déploiement des variétés résistantes existantes et à venir, qu’elles soient monogéniques ou polygéniques. Cet Observatoire permettra de détecter précocement l’apparition de phénomènes de contournement chez les agents pathogènes et de réagir très rapidement pour éviter la propagation des souches de mildiou ou d’oïdium devenues résistantes. Les viticulteurs sont partie prenante puisque cette expérimentation se fait chez eux sur la base du volontariat, et en coordination avec les structures interprofessionnelles.

La stratégie choisie par l’Inra réalise un équilibre entre innovation, prudence et responsabilité, afin de protéger les ressources de gènes de résistance, peu nombreuses chez la vigne, et qu’il faut considérer comme un bien commun. Développer des variétés polygéniques, tester les variétés monogéniques existantes avant de les déployer, c’est minimiser les risques pour les viticulteurs, leur permettre de faire les bons choix de plantations pour de nombreuses années, et maintenir la sélection française en vigne à son meilleur niveau international. C’est aussi répondre durablement aux attentes de nos concitoyens pour des systèmes de production moins consommateurs de pesticides.

Ce dossier donne les éléments pour comprendre la problématique de la résistance, dans un contexte où les viticulteurs sont en demande pressante de variétés résistantes pour diminuer les traitements phytosanitaires. Il aborde le point de controverse sur les variétés monogéniques historiques créées à l’Inra, excellentes sur le plan gustatif, mais que l’Institut préfère tester au sein de l’Observatoire avant de diffuser.