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Cet ouvrage reflète la pluralité des points de vue sur la flore adventice qui s’explique par la diversité des disciplines concernées et par les divergences de perception des effets négatifs ou bénéfiques de ces plantes sauvages des champs. Il explore les moyens et stratégies de gestion durable des communautés adventices faisant appel aux principes de la protection intégrée et à une démarche « agroécologique ». © flore adventices - pratique agricole - agricu

Gestion durable de la flore adventice des cultures

Cet ouvrage reflète la pluralité des points de vue sur la flore adventice qui s’explique par la diversité des disciplines concernées et par les divergences de perception des effets négatifs ou bénéfiques de ces plantes sauvages des champs. Il explore les moyens et stratégies de gestion durable des communautés adventices faisant appel aux principes de la protection intégrée et à une démarche « agroécologique ».

Mis à jour le 11/12/2018
Publié le 07/12/2018

Trop longtemps dépendante des seuls herbicides, l’agriculture doit évoluer vers une gestion des plantes adventices, ou « mauvaises herbes », s’appuyant sur un ensemble de pratiques culturales et de régulations écologiques, avec l’objectif de limiter l’abondance des adventices, de garantir le revenu des agriculteurs, tout en préservant la biodiversité et la qualité de l’environnement.  La gestion de la flore adventice fondée majoritairement sur l’utilisation des herbicides est remise en question avec le modèle agricole intensif. Sous la pression de la société civile, les pouvoirs publics incitent le monde agricole à développer des modes de production plus durables, moins dépendants de la chimie. Cet ouvrage collectif explore des voies de gestion de l’enherbement intégrant tous les enjeux environnementaux. Il présente l’état des connaissances actuelles sur la biologie de ces plantes, la diversité des techniques de gestion et les processus de régulation naturelle. Il est structuré en trois parties portant respectivement sur les connaissances de base en malherbologie, la description des techniques de gestion durable de la flore adventice et diverses études de cas. 

 

Les auteurs :

Bruno Chauvel, chercheur à l’Inra de Dijon Bourgogne Franche-Comté (UMR Agroécologie), travaille sur la gestion de la flore adventice dans un objectif de réduction de l’utilisation des herbicides. Spécialiste des communautés de mauvaises herbes, il s’intéresse aussi à la gestion des plantes envahissantes. 

Henri Darmency est directeur de recherche à l’Inra de Dijon Bourgogne Franche-Comté (UMR Agroécologie). Il a étudié les flux de gènes par croisement de variétés OGM avec les adventices apparentées. Spécialiste en génétique des populations, il s’est intéressé à la résistance aux herbicides ainsi qu’aux adventices en régression. 

Nicolas Munier-Jolain est ingénieur de recherche à l’Inra de Dijon Bourgogne Franche-Comté (UMR Agroécologie). Il participe à l’animation du réseau Dephy et a coordonné une expérimentation systémique de longue durée à Dijon-Époisses, portant sur la maîtrise des infestations avec peu ou pas d’herbicides. 

Alain Rodriguez est ingénieur spécialiste de la flore des champs cultivés à l’Acta. Il conduit des projets de recherche appliquée sur la maîtrise de l’enherbement en grandes cultures. Expert en malherbologie.

 

Gestion durable de la flore adventice des cultures

Editions Quae – coll. Synthèses, 354 pages, décembre 2018 – 35 euros

EXTRAITS

1. Le rôle des graines dans les réseaux trophiques des agroécosystèmes 

Les stocks de semences des adventices peuvent être particulièrement persistants et réalimentés pendant plusieurs années. Leur germination potentielle peut donc constituer une menace pour les rendements des agrosystèmes. Cependant, les graines des adventices peuvent être consommées par un nombre important d’organismes. Une banque de graines diversifiée peut favoriser des organismes dits « auxilliaire » qui, à leur tour, fournissent des fonctions positives pour les agroécosystèmes (Altieri, 1999 : Moonen et al., 2008). Plus précisément, ces organismes peuvent contribuer à des processus écosystémiques tels que le recyclage des nutriments, les régulations biologiques, la régulation du microclimat ou encore les processus hydrologiques à l’échelle locale. Les graines de certaines espèces (des genres Cerastium, Chenopodium, Poa, Polygonum, Rumex, Senecio) jouent un rôle primordial dans la conservation des oiseaux des milieux ouverts, surtout en période hivernale (Robinson et al., 2001 ; Gibbons et al., 2006). De la même façon, certains rongeurs consomment les graines d’adventices de grande taille se trouvant à la surface du sol ou en profondeur dans le sol (Cardina et al., 1996 ; Hulme, 1996). Parmi les arthropodes, certaines espèces de fourmis, de crickets et de nombreuses espèces de coléoptères carabidés sont consommatrices de graines d’adventices. Les carabidés exercent une prédation présentielle selon les espèces d’adventices et jouent un rôle important sur la dynamique des adventices dans les banques de graines (Bohan et al., 2011). Les espèces les plus consommées par des carabidés sont des espèces des genres Amaranthus, Ambrosia, Artemisia, Cichorium, Cirsium, Poa, Taraxacum, Urtica, Viola (Franke et al., 2009). L’intensité de prédation des graines d’adventices par différentes espèces de carabidés varie en fonction du contexte paysage des parcelles et des pratiques culturales qui y sont appliquées (travail du sol, irrigation, date de récolte). Enfin, les graines des genres Arabidopsis, Cardamani, Cerastium, Epilobium, Poa Stelleria et Véronica semblent avoir des fortes valeurs nutritives pour les vers de terre (McRill et Sagar, 1973 ; Thompson et al., 1994).  

 

2. Le cas des espèces exotiques envahissantes dans les champs cultivés 

Conclusions et perspectives 

La mondialisation et l’augmentation continue des échanges commerciaux rendent inévitable l’arrivée de nouvelles espèces végétales. Actuellement toutes les stratégies de lutte contre les plantes invasives des cultures sont basées sur une gestion curative, notamment en se reposant sur les solutions chimiques. Par exemple, le développement de variétés de tournesol tolérantes aux herbicides de post-levée est présentée comme un moyen efficace de gérer les ambroisies. Si cette gestion curative ne peut être négligée, par la réduction des nuisances qu’elle peut permettre localement, elle ne constitue qu’une réponse très partielle aux problèmes des invasions. Atteindre une réduction durable de la vulnérabilité des cultures aux invasions nécessiterait de s’attaquer à l’ensemble des étapes du processus d’invasion avec une politique phytosanitaire plus ambitieuse pour les plantes invasives. Il est étonnant que l’Union européenne ne réglemente aucune plante invasive des cultures quand les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Russie disposent de listes étendues d’espèces de quarantaine. De même, un véritable réseau de surveillance et d’alerte permettant d’envisager les éradications précoces permettrait une économie importante des coûts de gestion et les externalités négatives associées à la gestion curative.

Le contexte de réduction souhaitée des produits phytosanitaires renforce cette nécessité d’agir de manière plus préventive. C’est donc le bon moment de repenser plus largement les systèmes de cultures et de gérer les plantes exotiques envahissantes non pas comme un problème particulier, mais selon des programmes de lutte intégrée et prophylactique. Au final, les mesures qui limitent les risques d’invasion sont les mêmes qui permettent de circonscrire le développement des adventices problématiques.