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Suivre et prévoir la viabilité des poulets en élevage standard

Un outil de surveillance et de prédiction de la viabilité des jeunes poussins a été développé. Cet outil permet d’avoir une juste perception de la mortalité des animaux et de savoir quand des actions correctrices – dont les traitements antibiotiques - doivent être mises en place dans un élevage.

 © NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 22/02/2019
Publié le 21/11/2018

Réduire l’usage des antibiotiques pour lutter contre le phénomène d’antibiorésistance. Tel est le leitmotiv des plans Ecoantibio 1 (2012-2017) et 2 (2017-2021) lancés en France pour préserver la santé de l’homme et de l’animal (concept « One Health », une seule santé). Pour y répondre, l’élevage hors sol se doit de trouver de nouveaux leviers d’actions pour modifier ses pratiques. L’aviculture n’échappe pas à ce mouvement général. Les poulets de chair sont parmi les espèces les plus exposées aux antibiotiques. S’il existe de nombreux facteurs sur lesquels agir pour améliorer la santé des poulets en élevage standard, la perception de l’importance du taux de mortalité dans les premiers jours d’un lot par les éleveurs est un élément clé que les données peuvent objectiver.

Surveiller la mortalité des oiseaux

Dans un élevage conventionnel, la période des premiers jours suivant l’arrivée des poussins (période de J1 à J10, dite « de démarrage ») est une phase critique qui conditionne grandement la vie du lot. Techniciens, éleveurs et vétérinaires se doivent d’être très réactifs sur cette période pour détecter et faire face à tout signal d’alerte. L’interprétation, en termes de diagnostic, des taux de mortalité est aujourd’hui délicate en l’absence de référentiel disponible. Une surinterprétation peut conduire à des traitements inutiles, une sous-estimation peut laisser la maladie s’installer ce qui altère la santé et le bien-être des animaux, ainsi que des résultats techniques.

Quand l’élevage de précision vient en aide à la décision des éleveurs

Dans le cadre du projet OMAP (voir encadré), les chercheurs ont créé un outil informatique qui permet de suivre et prédire le taux de mortalité dans un élevage. Pour cela, ils ont constitué une base de données issue de la surveillance de près de 700 lots de production (40 éleveurs, une centaine de bâtiments, données collectées de janvier 2016 à mai 2017). L’utilisation d’outils statistiques de fouille de données (« data mining ») a permis aux chercheurs de créer des profils de taux de mortalité (profil A/B/C/D/E) sur les 35 jours d’élevage d’un lot. Des pics de mortalités peuvent être quasi absents (profil A, profil optimal), ou apparaître à différents moments avec des degrés d’intensité différents (profils B, C, D et E).  

  Profils
A B C D E
Description
graphique
Courbes quasi plates Courbes avec un pic à J2/J3 Courbes avec un pic élevé à J2/J4 Courbes avec un taux de mortalité élevé après J25 Courbes avec un taux de mortalité élevé dès J1

Un algorithme utilise les données d’observation saisies par l’éleveurs à J1 et J2 pour prédire le taux de mortalité de l’élevage entre J3 et J10. Ce modèle intègre aussi des variables influençant les taux de mortalité : éleveur, organisation de production, saison, âge des reproducteurs, couvoirs d’origine, … L’éleveur peut alors comparer ses résultats à la courbe de référence, à ses résultats précédents et le vétérinaire accède à une donnée plus précise pour le diagnostic et la thérapeutique.

Un outil bientôt accessible sur le marché

Des travaux complémentaires sont en cours pour obtenir un outil utilisable par tous, éleveurs, techniciens et vétérinaires sur différents terminaux mobiles (tablettes, smartphones, ...). Des sociétés de service se sont d’ores et déjà montrées intéressées par cet outil.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Mathilde PAUL Unité mixte de recherche Interactions hôtes-agents pathogènes -UMR IHAP-, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse et Inra, ENV 23 chemin des Capelles, 31076 Toulouse
chargée d’affaires France Futur Elevage :
Fanny Wacquet (01 42 75 93 26)
Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Toulouse

Projet de ressourcement OMAP

Le projet OMAP visait à identifier des facteurs sociaux et techniques critiques pour induire un changement dans l’utilisation métaphylactique des antibiotiques dans les élevages de volailles.
Ce projet comportait trois objectifs :

  • identifier des aspects techniques et sociologiques qui ont une influence sur l’utilisation des antibiotiques dans les exploitations avicoles.
  • développer des systèmes innovants pour la détection précoce des syndromes pathologiques dans les élevages, par l’utilisation de données enregistrées automatiquement sur les animaux et leur environnement (élevage de précision).
  • optimiser des schémas thérapeutiques relatifs aux antibiotiques.

Partenaires : Groupe Cristal, Synalaf, UMR IHAP (ENVT et INRA)
Financement : Institut Carnot France Futur Elevage FFE : 96 k€
Durée : 36 mois (2016-2018)

Pour en savoir plus

  • Joly, N. et al. (2016). Experiments in animal farming practice: the case of decreasing the use of antimicrobials in livestock (France). Presented at 12. European IFSA Symposium, Harper Adams University, Newport, GBR (2016-07-12 - 2016-07-15).
  • Adam, C. et al., (2017). Facteurs influençant l’utilisation d’antimicrobiens en aviculture : une enquête cas-témoin en filière poulets de chair label rouge. Douzième journées de la recherche Avicole et Palmipèdes à foie Gras, Tours, avril 2017.
  • Adam C. J. M., et al., (2017) What drives poultry farmers to use antimicrobials? A case-control study on French free-range broilers. In: Proceedings of the Annual Conference of the Society for Veterinary Epidemiology and Preventive Medicine, Inverness (Scotland), 29-31 March 2017.
  • Gall, S., et al. (2017). Etablissement d’une courbe de référence pour le suivi quotidien de la viabilité en élevage de poulet de chair standard. Douzième journées de la recherche Avicole et Palmipèdes à foie Gras, Tours, avril 2017.

L’institut Carnot France Futur Elevage

Le label Carnot est attribué à des structures de recherche publique pour certifier leur excellence scientifique et leur professionnalisme de la relation partenariale. Le Carnot finance des projets internes innovants sous forme d’appels à projets annuels, sélectionnés sur des critères d’excellence et de transférabilité. Il est de plus certifié ISO 9001 pour l’appropriation des bonnes pratiques de contractualisation et de propriété intellectuelle avec les partenaires industriels.

Le Carnot France Futur Elevage est un portail d’entrée vers la recherche publique pour les entreprises du secteur de l’élevage. Il propose des compétences et des services de R&D intégrées et multidisciplinaires en santé, alimentation, système d’élevage et génétique animale pour l’innovation des entreprises.
France Futur Elevage réunit les acteurs de la recherche publique et agrovétérinaire et le savoir-faire en R&D des trois Instituts Techniques Agricoles dédiés à l’élevage
Contact :
Fanny WACQUET, chargée d’affaires,  
tel 0142759326