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Obésité : associer les consommateurs à la définition d’une nouvelle politique publique

Les consommateurs doivent être impérativement placés au centre du processus de délibération et de fabrication des politiques publiques, afin que soit restaurée une forme de souveraineté collective sur nos choix alimentaires, à défaut d’une souveraineté individuelle.

Paris, Salon International du Machinisme Agricol 2003.. © Inra, MAITRE Christophe
Mis à jour le 08/10/2013
Publié le 03/06/2013

Malgré les campagnes d’information, l’obésité s’accroit dans notre pays

Force est de constater que l’abondance alimentaire se paie aujourd’hui par une explosion du surpoids et de l’obésité, avec des inégalités sociales qui révèlent les déterminants majeurs des arbitrages entre plaisir et santé : pourquoi renoncer à des promesses de plaisir « low cost » quand on a un horizon de vie bouché et des conditions d’existence peu réjouissantes ? Les efforts que nous faisons pour investir dans notre santé, comme nous y invitent les campagnes de recommandations nutritionnelles, dépendent en premier lieu de ce que nous pouvons espérer y gagner.
Malgré ce constat très sombre, l’État ne doit pas abandonner toute ambition régulatrice en matière d’alimentation et de santé, au prétexte que le consommateur serait souverain et que l’offre se contenterait de satisfaire la demande. Car nos arbitrages entre plaisir et santé sont souvent imparfaits et erronés. Le marketing alimentaire nous conduit à manger plus que nous le souhaiterions. La consommation de produits gras et sucrés déforme notre goût et conditionne nos choix ultérieurs, à la manière d’une addiction. Notre environnement alimentaire fait finalement pencher la balance du côté du plaisir bien au-delà de ce qui suffirait à satisfaire nos intérêts.

Une autre politique est possible

Une politique de régulation de l’environnement alimentaire pourrait s’appuyer sur quatre piliers : 1) un étiquetage nutritionnel utilisant le système des feux tricolores (vert-orange-rouge), fonction du profil nutritionnel des aliments, apposé sur la face avant des produits préemballés ; 2) une réallocation des aliments aux différents taux de TVA en fonction de leurs profils nutritionnels, avec un affichage saillant de la TVA ; 3) une régulation stricte des dispositifs marchands poussant à l’augmentation des quantités consommées (promotions, publicités à destination des enfants, etc.), et une régulation de l’architecture des choix dans les lieux d’achat et de restauration ; 4) une politique agro-industrielle favorisant la production d’aliments incorporant moins de graisses, de sucres et de
sel ajoutés.
Il est urgent d’organiser en France un débat sur l’avenir que nous souhaitons pour notre alimentation. Puisqu’il s’agit de leurs arbitrages entre plaisir et santé, les consommateurs doivent être impérativement placés au centre du processus de délibération et de fabrication des politiques publiques, afin que soit restaurée une forme de souveraineté collective sur nos choix alimentaires, à défaut d’une souveraineté individuelle.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Fabrice Etilé (01 49 59 69 86) ALISS UR 1303 INRA 65 boulevard de Brandebourg 94205 IVRY-SUR-SEINE CEDEX
Département(s) associé(s) :
Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Référence

  • Obésité - Santé publique et populisme alimentaire - Editions de la Rue d’ULM, Collection Opuscule du Cepremap - 2013