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SaveBuxus : une solution de biocontrôle contre la pyrale du buis

Horticulteurs et gestionnaires d’espaces verts et de jardins patrimoniaux constatent, depuis 2008, un dépérissement des plants de buis, victimes de nouveaux bio-agresseurs. Des chercheurs Inra, en collaboration avec Plante & Cité, l’ASTREDHOR et KOPPERT France, développent des solutions de bio-contrôle contre la pyrale du buis, dans le cadre du programme national SaveBuxus.

Chenille de pyrale. © Inra
Mis à jour le 24/11/2015
Publié le 06/10/2015

Le buis, un élément patrimonial des jardins français menacé par la pyrale du buis

1,925 millions de plants de buis et autres végétaux de topiaires sont vendus en France chaque année et génèrent un chiffre d’affaires de 16,136 millions d’euros (2012). Plante ornementale très utilisée en espaces verts et jardins, mais aussi plante de sous-bois, le buis est victime depuis 2008 en France (71 départements touchés en 2015), des attaques de chenilles de pyrale (Cydalima perspectalis),  lépidoptère défoliant cet arbuste aux caractéristiques ornementales.

La pyrale du buis, un papillon invasif venu d’Asie et destructeur au stade chenille

Pour améliorer les connaissances sur ce ravageur et étudier les solutions de biocontrôle, les chercheurs ont élevé ce papillon en laboratoire et étudié sa biologie : développement (cycle de vie de 45 jours), longévité (12 jours  en moyenne pour une femelle adulte féconde, 17 jours pour une femelle non reproductive, 15 jours pour un mâle adulte), fécondité (800 œufs en moyenne tout au long de la vie adulte), cycle de ponte (pic dès le 7ème jour), …
Dispositif d’étude et optimisation de l’élevage
Des larves de tout âge ont été ramassées en région PACA, élevées et nourries de buis frais jusqu’au stade adulte. L’élevage a été optimisé de manière à trouver le meilleur ratio de couples par cage pour une fécondité plus grande des femelles. Chaque jour, les œufs ont été ensuite récoltés dans le but d’étudier l’efficacité de plusieurs techniques de luttes dont l’utilisation de parasites tels que les trichogrammes.

Des souches de trichogrammes efficaces contre les œufs de pyrale

Les trichogrammes sont des micro-guêpes parasitoïdes ayant pour hôtes les œufs d’insectes dont ceux des lépidoptères. Ainsi, en tuant les œufs, ils empêchent le développement des chenilles, stade très destructeur pour les végétaux. 54 souches de trichogrammes, de 17 espèces différentes ont été élevées en laboratoires et testées sur les branches de buis contenant environ 50 œufs de pyrale. Les chercheurs ont compté les œufs non éclos, avortés et parasités. Il en ressort que 6 souches de 5 espèces parasitent statistiquement plus d’œufs que les autres. Ces résultats encourageants vont être poursuivis par l’observation de la capacité de la génération suivante de trichogrammes à parasiter les œufs, de même que l’étude des composés chimiques du buis devrait mettre en lumière l’impact de la relation trophique plantes / ravageurs / auxiliaires. D’ici 2017, cette étude sur les parasitoïdes comme l’ensemble des études conduites pour ce projet (piégeage des papillons mâles, lutte microbiologique, ...) déboucheront sur une panoplie de solutions alternatives aux insecticides pour réguler les populations de pyrale.

Sources

  • Elisabeth Tabone et al, « Mieux connaître la pyrale du buis Cydalima perspectalis », Phytoma, n°685, juin-juillet 2015, pages 18-20
  • Thomas Enriquez et al, « Des souches de trichogrammes contre la pyrale du buis », Phytoma, n°685, juin-juillet 2015, pages 21-24

En savoir plus

SaveBuxus est un projet collaboratif mené entre plusieurs partenaires :

  • INRA - UEFM Entomologie et Forêt Méditerranéenne
  • Le centre technique Plante et Cité
  • L’ASTREDHOR (Institut technique de l’Horticulture)
  • La filiale française de Koppert

Parallèlement à la recherche sur les solutions de biocontrôle de la pyrale, les chercheurs ont travaillé sur les maladies de dépérissement du buis dues à des champignons (Cylindrocladium buxicola,).
Ce travail a été réalisé grâce au concours financier et technique de Plante & Cité, Astredhor, Val’hor, FranceAgriMer, Onema dans le cadre du plan Ecophyto, la Fondation de France et Koppert France.