• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Un nouveau label « Peu de pesticides » impacterait-il le choix des consommateurs de pommes ?

Les mangeurs de pommes ont le choix de consommer des fruits de l’agriculture conventionnelle ou de l’agriculture biologique. Des chercheurs des unités Inra Economie Publique et Eco-Innov de Grignon ont évalué l’impact d'informations liées à la santé et à l'environnement, sur l'achat de pommes et l’opportunité de créer un logo "Peu de pesticides".

Pommes Ariane (obtention INRA). © WEBER Jean
Mis à jour le 02/04/2013
Publié le 06/11/2012

Une expérience en laboratoire a été menée en France, en mars 2010, auprès de 114 personnes âgées de 18 à 69 ans, sur de plusieurs séances d’une heure. L’échantillon des participants, représentatif de l'âge et du statut socio-économique de la population de Dijon, a été sélectionné de manière aléatoire sur la base de la méthode des quotas. Les personnes, séparées au hasard en 4 groupes selon l'information qui allait leur être révélée, ont été informées que l’expérience portait sur le comportement d’achat et la consommation de pommes.

L’expérience s’est focalisée au début sur les pommes conventionnelles et biologiques, toutes deux de variété Gala. Les participants ont goûté les 2 pommes et porté un jugement hédoniste sur chacune d’elles. Puis, des informations additionnelles leur ont été délivrées : impacts sur la santé, effets bénéfiques des polyphénols sur les risques cardiovasculaires, teneur des pommes biologiques en polyphénols, en vitamines…

Un autre type d’informations communiquées aux participants portait sur la différence concernant les résidus de pesticides entre des pommes conventionnelles et biologiques. Les participants ont été informés sur le fait que les premières présentaient une teneur en résidus chimiques plus faible que celle exigée par la réglementation et que ces résidus se concentraient dans la peau, alors que les secondes n’en contenaient pas. L’information s’est focalisée sur le respect de la réglementation mais pas du tout sur l’impact des résidus sur la santé. D’autres messages ont informé les participants qu’en culture conventionnelle, les pommiers recevaient jusqu’à 28 traitements de diverses formulations chimiques. Ces précisions ont orienté le choix des consommateurs vers des pommes biologiques.

La deuxième contribution de cette expérience est de donner une estimation de l’impact social d’un nouveau label « Peu de pesticides » alors que le logo AB (Agriculture Biologique) est bien connu et domine le segment des produits respectueux de l’environnement. Ce nouveau label étant virtuel, il n’était pas possible de proposer de telles pommes aux participants, leur choix ne pouvait alors qu’être hypothétique. L’introduction de ce label augmenterait la consommation, en raison d'une meilleure qualité par rapport aux pommes conventionnelles et d'un prix plus bas par rapport aux pommes biologiques. Ce label pourrait attirer de nouveaux participants qui ne consomment pas de pommes non-labellisées.

L’expérience révèle que la simple apposition du logo AB, sans information complémentaire, n’est pas suffisante pour orienter les choix des consommateurs. Des messages plus précis sur les pesticides seraient nécessaires pour les éclairer, mais ils sont difficiles à diffuser quand les consommateurs sont saturés d'informations. Ceci suggère que la mise en place du label « Peu de pesticides » pourrait être complétée par une norme de qualité minimale imposant l'utilisation de moins de pesticides à l’ensemble des producteurs de pommes conventionnelles, dans un contexte d’information limitée pour les consommateurs.

Cette recherche, soutenue financièrement par le réseau européen ENDURE, ouvre un débat public sur la meilleure façon de promouvoir des pommes plus « vertes », ayant reçu des applications réduites de pesticides. Malgré ses limites, cette expérience permet de tester ex ante la politique en matière de nouvelles étiquettes à apposer et, d’un point de vue économique, éclaire sur les choix stratégiques à retenir.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

En savoir plus

  • Stephan Marette, Antoine Messéan, Guy Millet, « Consumers’ willingness to pay for eco-friendly apples under different labels: Evidences from a lab experiment, Food Policy 37 (2012) 151-161.