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Inra productions animales dossier brebis laitières Fr 50 ans R&D. © Inra

Brebis laitières en France : 50 ans de R & D

Ce dossier de la revue "Inra-Productions animales" sur la brebis laitière illustre 50 ans de recherches et d'échanges fructueux, entre -d'une part- les éleveurs et leurs organisations, et -d'autre part- la recherche et sa valorisation. Il s'agit d'apporter un éclairage sur le travail réalisé par l'Inra et l'Institut de l'Elevage durant cette période, surtout sous l'angle de l'amélioration génétique. Même si le lait de brebis ne représente que 1,3% du lait mondial, l'Union Européenne en constitue aujourd'hui 28%, principalement avec ses pays du Sud : Grèce, Espagne, Italie, Roumanie, France, Portugal et Bulgarie.

Publié le 26/05/2016

Notons que la brebis (comme la chèvre) est un petit ruminant plus adapté que la vache à des espaces où l'herbe est moins abondante, compte tenu de conditions de sol et de climat particuliers comme dans le sud de l'Europe et sur le pourtour méditerranéen. L'avant-propos du dossier thématique ainsi que son premier article reprennent des points d'histoire et de contextualisation du sujet.

Au sortir de la 2nde Guerre Mondiale, la France produit du lait de brebis essentiellement dans les trois bassins que sont le sud du Massif Central, les Pyrénées Atlantiques, et la Corse. Il s'agit notamment de mécaniser la traite, car cette activité biquotidienne est très gourmande en main d'oeuvre à un moment où "les bras" désertaient les campagnes pour la ville. La région de Roquefort, avec son fromage éponyme, joue un rôle de locomotive ; son rayon d'action s'élargissait peu à peu, allant jusqu'à collecter du lait dans les Pyrénées et en Corse. Les principales races laitières sont la Basco-Béarnaise, les Manech à tête rousse et à tête noire, la Corse, et la Lacaune. L'Inra est très tôt impliqué, en voici deux exemples : la mise en place de la première chaîne de traitement mécanographique des informations du contrôle laitier, en 1957 ; l'achat, en 1965, du domaine de La Fage (Aveyron) qui s'impliquera expérimentalement dans la génétique des ovins à lait et à viande. L'information apportée par le dossier permet aussi de comprendre la place respective des différents acteurs, dont ceux de la sélection génétique, et les crises qu'ils traverseront. Il en naîtra, dans les années 70, une organisation qui fédèrera les professionnels et évoluera régulièrement pour mieux gérer les allers-retours entre les connaissances, les techniques, les contraintes et les actions possibles ou souhaitables.

D'hier à aujourd'hui

En 2010, la production française est de 271 millions de litres de lait, essentiellement valorisés sous forme de produits laitiers plus ou moins affinés, pour un total de 55 000 tonnes, les plus connus étant le Roquefort, le Brocciu et l'Ossau-Iraty. 42 % de ces produits relèvent d'Appellation d'Origine Protégée, 84% des élevages se situent dans des territoires de montagne, et ils sont souvent engagés dans des démarches de qualité comprenant aussi l'agneau de lait.

Dans le panorama sur l'évolution de la production de lait de brebis en France, le lecteur trouvera des indicateurs chiffrés sur le développement de cette production, ainsi que la description de ses étapes-clé. Augmentant de 3,6% en volume par an, elle a plus que quadruplé sur la période concernée, passant par des phases successives ou simultanées : la traite mécanique, les schémas de sélection génétique avec la possibilité de l'insémination artificielle, la meilleure prise en compte de la qualité du lait et de la santé des animaux, leur alimentation mieux raisonnée, les performances économiques des différents systèmes d'élevage et là où il était important de soutenir les efforts pour l'améliorer. Un éclairage comparatif est proposé avec les autres pays producteurs de l'UE : on y entrevoit des divergences malgré des élans comparables du départ. Le deuxième chapitre aborde la sélection génétique raisonnée, sa mise en oeuvre dans les différentes races françaises. Objectifs, méthodes et techniques ont évolué au fil du temps. Des bifurcations surgissent : c'est le cas au moment où l'ampleur prise par la crise de la "vache folle" imposait de revisiter la maladie de la tremblante du mouton. Cette partie de la revue permet de comprendre l'originalité du travail effectué sur l'amélioration des races, et notamment dans ses différences avec le secteur des bovins. Dans une troisième partie, il est question de la sélection génomique : ses outils plus récents ont été appliqués en 2015 pour les schémas de sélection de la race Lacaune, ce qui a donné des indications pour toutes les autres. Enfin, une synthèse est proposée sur cinq années de recherches sur la monotraite quotidienne. Si cet dernier aspect était documenté chez la vache et la chèvre, et pratiqué sur la brebis en Espagne ou en Sardaigne, il avait été peu étudié en France : le travail sur la "monotraite" a été conduit sur la race Lacaune, avec le rappel des références anciennes sur les bovins et sur les ovins d'autres pays.

C'est un document pour lecteurs avertis. Sa progression, depuis la complexité des partenariats et jusqu'aux plus récentes avancées scientifiques, permet cependant d'embrasser aisément un sujet riche d'enseignements, ainsi que d'en saisir l'actualité contemporaine. 

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"Brebis laitières en France : 50 ans de recherche et développement"

Un numéro coordonné par F. Barillet (Inra), P. Hassoun (Inra), J.-M. Astruc (Institut de l'Elevage), G. Lagriffoul (Institut de l'Elevage), E. Morin (Institut de l'Elevage).

Inra-Productions animales, 2016, volume 29, n°1. Accès à la revue. La revue est disponible sur abonnement. Certains articles anciens et des avant-propos sont en consultation gratuite. Les numéros à thème sont en vente aux Editions Quae