Agriculteur biologique préparant ses salades de plein champs pour une vente sur un marché local (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

L'agriculture biologique

Réduire l'usage de la chimie en agriculture

L’agriculture biologique, née dans les années 20, se distingue des autres modes de production agricole en refusant l’utilisation des produits chimiques de synthèse, issus d'une transformation chimique.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 18/01/2013

Diversité floristique. © Inra, LOUVIOT Gilles
Diversité floristique © Inra, LOUVIOT Gilles
Née dans les années 1920, l’agriculture biologique constitue une forme de production agricole particulière, fondée sur des cahiers des charges qui refusent d'utiliser des produits chimiques de synthèse et respectent des principes éthiques comme la recherche de rapports socio-économiques plus équitables. La définition intègre explicitement des objectifs environnementaux : « La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard des produits obtenus grâce à des substances et des procédés naturels ». L’interdiction de l’usage des produits chimiques de synthèse, hormis ceux mentionnés dans une liste positive, constitue le point central des cahiers des charges qui induisent l’emploi de techniques de production alternatives. Pour les cultures, les systèmes reposent sur les rotations longues, les assolements diversifiés, le recyclage des matières sur l’exploitation, l’apport de matières organiques et la lutte biologique. En élevage, les animaux doivent avoir accès à des parcours et des pâturages, leur alimentation doit être biologique, la densité (nombre d’animaux par hectare) est limitée et en matière de santé, la prévention et les médecines douces sont privilégiées. Le cahier des charges de l’agriculture biologique varie d’un pays à l’autre mais il est désormais unifié en Europe.
D’autres formes d’agricultures cherchent également à réduire les utilisations de pesticides :

L’agriculture intégrée

L’agriculture intégrée combine les pratiques agricoles pour minimiser le recours aux pesticides. Elle utilise de manière préférentielle des techniques alternatives, comme la lutte biologique ou des rotations longues. Elle lutte de manière intégrée, traitant uniquement si les seuils de nuisibilité de la maladie ou du ravageur sont atteints. Les intrants chimiques ne sont pas exclus, mais ne sont utilisés qu’en dernier recours.

L’agriculture raisonnée

En conformité avec la législation et les normes de « bonnes pratiques agricoles », fixées par l’Europe, la production raisonnée répond aussi aux exigences d’un cahier des charges qui autorise l'ensemble des techniques agricoles classiques (engrais et produits phytosanitaires de synthèse…), mais en les « raisonnant » c’est-à-dire que les agriculteurs ne traitent que s’il le faut, au bon moment et avec une dose et un matériel adaptés.

Quelles sont les différences entre l’agriculture biologique, l’agriculture intégrée et l’agriculture raisonnée ?

Comparée aux démarches d’agriculture « raisonnée » ou « intégrée », l'agriculture biologique est nettement plus contraignante notamment vis-à-vis de l'utilisation de produits chimiques de synthèse, des conditions d'élevage et des pratiques sanitaires en élevage, et des conditions de transformation des produits alimentaires. Une autre particularité de l’AB par rapport aux deux autres agricultures considérées est de bénéficier d’un signe officiel strict d’identification sur ses produits, garantissant une qualité attachée au respect du cahier des charges qui certifie à la fois les pratiques agricoles et les produits, au même titre que les autres signes officiels de qualité tels les Appellations d’origine contrôlée (AOC) ou les Labels rouges.