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Agriculteur biologique préparant ses salades de plein champs pour une vente sur un marché local (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

L'agriculture biologique

Du trèfle blanc dans la viande d’agneau

La viande d’agneau bio serait meilleure pour la santé de l’homme  mais serait d’un goût plus fort et moins apprécié par les consommateurs français, selon des chercheurs de l’Inra de Clermont-Ferrand qui testent actuellement les moyens de rendre ce goût moins fort.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 18/01/2013

Agneaux © NORMANT Sophie
Agneaux © NORMANT Sophie
«
 Les lipides de la viande d’agneaux élevés à l’herbe sont meilleurs pour la santé de l’homme (moins de mauvais acides gras, plus d’acides gras favorables comme les oméga-3) que ceux des agneaux engraissés en bergerie. Meilleure d’un point de vue nutritionnel, cette viande d’agneau nourrie à l’herbe - comme l’impose le cahier des charges bio pendant la belle saison - dégage cependant une odeur plus forte », explique Sophie Prache de l’Inra de Clermont-Ferrand. Contrairement aux consommateurs anglais et irlandais, coutumiers de la viande issue d’élevage à l’herbe, les consommateurs français apprécient peu l’odeur forte de la viande d’agneau. Des analyses sensorielles ont montré que cette flaveur est encore accrue en élevage biologique. Après enquêtes, les chercheurs ont trouvé la clef… dans les champs : le trèfle blanc !

Une saveur incommodante pour les consommateurs français

Consommé par les ruminants, il provoquerait une flaveur plus importante de la viande. L’Inra met actuellement au point de nouvelles pratiques d’élevage qui permettraient de limiter ces défauts sensoriels. Pour mieux accompagner les éleveurs en bio, les chercheurs de Clermont réalisent depuis plus de dix ans des expérimentations à l’échelle de l’exploitation agricole. Ils étudient les résultats technico-économiques de ces systèmes et leurs impacts sur l’environnement. Ils se sont intéressés aux facteurs essentiels de la réussite en élevage ovin biologique : la maîtrise de la fertilité des brebis sans les traitements hormonaux souvent utilisés en élevage conventionnel pour grouper les agnelages, la gestion intégrée du parasitisme des agneaux, la maximisation de l’utilisation des fourrages et la réduction des aliments achetés hors de l’exploitation pour gagner en autonomie. Les troupeaux affichent maintenant des performances de production élevées, avec une autonomie alimentaire exceptionnelle et de faibles émissions de gaz à effet de serre par kg de carcasse produit. Selon Sophie Prache, « il est intéressant de travailler sur l’agriculture biologique, ce type de production peut être considéré comme un prototype pour l’élevage de demain, les questions posées par l’agriculture biologique permettant d’anticiper celles qui vont se poser pour la mise au point de systèmes agricoles durables de façon plus générale ».