Epandage de  PESTICIDE  dans vignoble © Ewald Fröch - Fotolia

Pesticides, une trop grande dépendance

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 20/02/2014
Publié le 29/01/2014

Rendant de fiers services à la production agricole, les pesticides nous ont entraînés dans une dépendance excessive à leur usage qui porte atteinte à l’environnement et à la santé des hommes. Troisième consommatrice mondiale de ces substances, l’agriculture française doit aujourd’hui trouver des pistes pour réduire son addiction.

L’usage des pesticides ou « produits phytosanitaires » a contribué à l’essor considérable des rendements et de la production agricole ces cinquante dernières années. Ils ont constitué également un progrès pour la santé publique dans leur élimination de certains insectes vecteurs de maladies ou de maladies parasitaires meurtrières. Faciles d’accès et d’emploi pour les agriculteurs ou les jardiniers amateurs, ces pesticides se sont révélés efficaces pour lutter contre les mauvaises herbes, champignons ou insectes nuisibles. Ils ont connu un très fort développement devenant, depuis la fin de la guerre, quasiment indispensables pour la plupart des pratiques agricoles. De 1945 à 1985, la consommation de pesticides a doublé tous les dix ans ! Fondant son agriculture sur une grande dépendance à l’utilisation de ces produits phytosanitaires, la France est devenue le troisième consommateur mondial de pesticides et le premier utilisateur en Europe.
Cet usage excessif et systématique est aujourd’hui remis en cause, avec le développement de résistances aux pesticides chez les maladies ou les organismes que l’on souhaitait combattre. Plus préoccupant : ses atteintes aux écosystèmes et à l’homme. Certains pesticides seraient responsables de disparitions d’espèces d’insectes, d’autres provoqueraient des troubles de la reproduction chez certains animaux et des maladies chroniques chez l’homme…  Pour diminuer les besoins de l’agriculture en matières de produits phytosanitaires, l’Inra s’est tourné, dans les années 80 vers les recherches autour de nouveaux modèles agricoles. L’Institut expérimente notamment des modes de cultures alternatifs économes en pesticides en grandes cultures, vigne et vergers de fruits.