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Epandage de PESTICIDE dans vignoble © Ewald Fröch - Fotolia

Pesticides, une trop grande dépendance

Des risques pour l’homme et l’environnement

On a pris conscience ces trente dernières années de la dangerosité potentielle des pesticides sur l’homme et sur l’environnement. Les chercheurs se penchent aujourd’hui sur la délicate tâche de mesurer le transfert de ces pesticides dans l’environnement et de leur impact sur la santé des hommes et des animaux.

Mis à jour le 03/02/2014
Publié le 28/01/2014

. © Inra, Shaiit-Fotolia
© Inra, Shaiit-Fotolia

Dérivé de l’anglais « pest », (ravageurs) et du suffixe -cide (tuer), pesticide regroupe l’ensemble des substances qui sont utilisées pour prévenir, contrôler ou éliminer les organismes jugés indésirables, qu’il s’agisse de plantes, animaux, champignons ou bactéries. Les désinfectants sont ainsi considérés comme des pesticides (que l’on appelle alors biocides) de même que tous produits antiparasitaires (insecticides, raticides, acaricides...) ou les produits de protection du bois, du cuir, du métal… En bref, ils sont utilisés quotidiennement et partout ! Majoritairement utilisés en agriculture, - on parle alors de produit phytosanitaire ou phytopharmaceutique -, ils sont classés par type d’usage : herbicides, insecticides, fongicides, nématicides (contre les nématodes) et rodonticides (contre les rongeurs). La plupart de ces pesticides sont des molécules organiques de synthèse. 500 « substances actives » qui entrent dans la formulation de près de trois mille produits sont aujourd’hui commercialisées pour les différentes productions françaises. Ceux-ci bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le ministre chargé de l’Agriculture après une procédure d’évaluation du risque pour le consommateur, l’utilisateur et l’environnement. Ainsi, si régulièrement des substances sont interdites à l’usage, parallèlement de nouvelles substances sont autorisées.

Emportés par les eaux de ruissellement ou diffusés dans les eaux souterraines, volatilisés dans l’atmosphère ou stockés dans les sols, les pesticides se retrouvent dans de nombreux écosystèmes voire dans les aliments. Et bien qu’au départ utilisé contre un nuisible, leur cumul tout au long de la chaîne alimentaire et dans l’environnement peut présenter des risques pour l’homme ou les êtres vivants à court ou long terme. Aujourd’hui de nombreuses recherches s’attèlent à comprendre comment les pesticides contaminent l’environnement et ce qu’ils deviennent au cours du temps, pour évaluer les expositions des populations et des écosystèmes à ces substances.

C’est une biologiste américaine, Rachel Carson, qui en 1962 tire pour la première fois la sonnette d’alarme avec la publication de son livre Printemps silencieux. L’ouvrage montre alors l’effet délétère des pesticides sur l’environnement et particulièrement chez les oiseaux. Le DTT (insecticide interdit par la suite en 1972) amincirait les coquilles d’œuf chez les oiseaux entraînant une hausse de la mortalité et des problèmes de reproduction. Les chercheurs s’aperçoivent également que des pesticides modifient le sexe de certains batraciens ou provoquent des difficultés de reproduction d’invertébrés.

Impacts sur la santé mal connus

Aujourd’hui, les impacts d’une contamination accidentelle massive sur les utilisateurs professionnels sont connus : cela passe de l’irritation cutanée à l’atteinte du système nerveux central, mais on ne cerne pas encore bien les effets d’une contamination chronique. On a établi en 2009 un lien entre la durée d’exposition aux pesticides et la survenue de la maladie de Parkinson. Une étude est en cours sur le risque de cancer chez les agriculteurs. L’évaluation de l’impact sanitaire des pesticides sur l’homme ou l’environnement n’est pas une mince affaire : les doses absorbées sont souvent faibles et il est nécessaire de les étudier sur le long terme. D’autant plus que l’on n’ingère pas qu’un seul type de pesticide ! Les scientifiques s’attachent actuellement à mesurer l’effet « cocktail », c’est-à-dire l’effet combiné de pesticides de familles chimiques différentes et aux effets toxicologiques distincts.

Des pesticides dans les cours d’eau

Des pesticides ont été décelés, en 2010, sur 91 % des points de mesure en métropole et sur 42 % des points dans les DOM. Toutefois, près de la moitié des points ne présentent qu’au maximum 5 pesticides différents. A l’inverse, plus de 20 pesticides différents sont décelés sur 13 % des points de mesure, principalement situés en métropole : dans le Bassin parisien, en amont du Rhône et dans le nord de la France.