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Epandage de PESTICIDE dans vignoble © Ewald Fröch - Fotolia

Pesticides, une trop grande dépendance

La protection intégrée sous toutes les cultures

L’expérimentation de l’Inra Dijon-Epoisses compare depuis plus de dix ans quatre systèmes innovants de culture économes en intrants. S’appuyant sur leurs résultats agronomiques, environnementaux et économiques, les chercheurs prouvent qu’il est possible de diviser par trois l’usage des herbicides sans perdre la maîtrise des mauvaises herbes.

Mis à jour le 06/02/2014
Publié le 28/01/2014

Suivi des peuplements de carabes sur un couvert de blé. Les carabes sont capturés à l'aide de pièges à interception. Ce sont des insectes dont l'écologie est bien connue et qui sont étudiés comme indicateurs des structures de paysage, comme auxiliaires des cultures. © Christophe Maître
Suivi des peuplements de carabes sur un couvert de blé. Les carabes sont capturés à l'aide de pièges à interception. Ce sont des insectes dont l'écologie est bien connue et qui sont étudiés comme indicateurs des structures de paysage, comme auxiliaires des cultures. © Christophe Maître

L’agriculture et ses différents modes de production nécessitent aujourd’hui des expérimentations d’un type nouveau, à l’échelle de l’exploitation agricole. Depuis l’été 2000, la station expérimentale de l’Inra de Dijon teste sur vingt hectares quatre prototypes de systèmes de culture économes en produits phytosanitaires pour évaluer leurs performances agronomiques, environnementales et économiques. C’est le premier essai de cette ampleur qui a pour objectif de quantifier et évaluer aussi finement les relations entre la parcelle agricole et ses adventices. Agronomes, malherbologues, hydrologues, écologues, généticiens… Les chercheurs qui y participent sont issus de nombreuses disciplines  car il faut pouvoir analyser toutes les relations entre la culture, son environnement et les mauvaises herbes.  « De nombreux facteurs, tels les successions des cultures, les travaux du sol, la météo, les variétés, affectent la dynamique des infestations, et les différentes mauvaises herbes y réagissent de manière contrastée » explique  Nicolas Munier-Jolain, responsable de la plateforme expérimentale.

Avec plus de dix ans de recul, l’expérimentation a démontré qu’il est possible de réduire de 50 à 80 % les traitements utilisés par rapport au système de référence. Le chercheur détaille : « un des prototypes étudiés en protection intégrée avec désherbage mécanique divise par trois l’usage des herbicides, et réduit de 50 à 80 % l’ensemble des pesticides. Le bilan environnemental est par ailleurs très positif : ce système de production n’a ni alourdi le bilan énergétique, ni les émissions de gaz à effet de serre. En réduisant ses intrants, l’agriculteur diminue ses charges de 100 à 170 €/ha/an. Mais la diversification de ses cultures couplée à une baisse des rendements de 19 % (en moyenne en blé) entraîne une perte de produit brut d’environ 200 €. Les systèmes testés tendent à diminuer la rentabilité, du fait essentiellement de la diversification des cultures moins valorisables sur le marché, mais le différentiel reste modéré ». Autant que la production de résultats scientifiques ou expérimentaux, le dispositif s’attache à la diffusion de ces techniques et connaissances au monde agricole. Il constitue un accompagnement de la profession dans ses changements de pratique, en particulier dans la dynamique Ecophyto actuelle.