Semoir adapté au semis direct. Grignon. © Inra

L’agriculture de conservation, qu’est-ce que c’est ?

On en entend de plus en plus parler : l’agriculture de conservation se développe dans le monde depuis plusieurs décennies, et gagne du terrain aussi en France. Mais que recouvre ce terme ? Et d’abord que cherche-t-on à « conserver » ? Explications en neuf photos.

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 13/01/2014
Publié le 18/11/2013

L’agriculture de conservation a été définie officiellement par la FAO en 2001. Elle comporte trois grands principes qui doivent être appliqués simultanément : couverture des sols, non-labour et diversification des cultures (photo 1). Les semis se font sous un couvert végétal quasi-permanent qui permet de protéger le sol et de gérer les mauvaises herbes en l’absence de labour (photo 8).

A l’origine, le levier « couverture des sols » était prépondérant,  pour lutter contre l’érosion (photo 2). Ces pratiques se sont développées essentiellement aux Etats-Unis, dont certaines régions ont été dévastées dans les années 30 par l’érosion hydrique et éolienne (photo 3). Steinbeck le décrit dans « Les raisins de la colère», le sol partait en poussière, les récoltes étaient détruites et des milliers de familles ont été jetées sur les routes.

Dans d’autres régions où l’érosion n’est pas un facteur critique, le levier « non-labour » est devenu le levier principal, pour des raisons essentiellement économiques (gain de temps et économie d’énergie fossile), mais pas seulement : pour certains agriculteurs, l’absence de labour sous-tend un rejet de la rationalité technique et le désir de retrouver un lien avec la nature.

Une grande diversité de systèmes se rattache à l’agriculture de conservation : des systèmes en semis direct sous couvert permanent, ainsi que des systèmes plus éloignés de la définition de la FAO : exploitations en grande culture sans labour, avec différents degrés de travail superficiel du sol, sans couverture permanente et peu diversifiées. Tous ces systèmes ont comme dénominateur commun l’absence de labour.

Se passer de labour n’est pas si facile. Un des problèmes principaux en non-labour est la gestion des mauvaises herbes, dont les graines ne sont plus enfouies par le retournement du sol. C’est pourquoi certains systèmes en non-labour sont fortement consommateurs d’herbicides. Utiliser les couverts végétaux vivants (photos 4, 5 et 6) ou morts (résidus des cultures précédentes, photo 7) contribue à contrôler les adventices. Mais l’équilibre est difficile à trouver pour que ces couverts étouffent les mauvaises herbes sans entrer en concurrence avec les cultures principales.

Les recherches de l’Inra visent à mieux caractériser ces systèmes sans labour, leur impact non seulement sur le sol, mais aussi sur l’ensemble de l’agroécosystème et à mettre au point des systèmes sous couvert qui se rapprochent de l’ « idéal » agroécologique prôné par la FAO.

HARICOT en semis direct sous couvert. expérimentation à Ponta Grossa (Brésil). © INRA, Stéphane de Tourdonnet

Pour en savoir plus

Voir le dossier complet : L’ agriculture de conservation : un éclairage par la recherche.