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Carabe. © Inra

Carabes, alliés de la biodiversité et de l'agriculture

Cousins des scarabées et coccinelles, les carabes se nourrissent des graines et des ravageurs des champs dans lesquels ils logent. Ce film d'animation présente la dynamique d’une population de ces insectes au cours d’une saison culturale, et sa relation avec les différents éléments du paysage. En adaptant les pratiques agricoles pour favoriser leur habitat, les bénéfices entre biodiversité et agriculture seraient réciproques.

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 02/06/2014
Publié le 24/04/2014

Des paysages avec par exemple des structures en mosaïques alternant zones boisées, prairies et cultures, atténuent les effets négatifs de l'intensification. La préservation d'une proportion suffisante d'éléments semi-naturels est un gage de la régénération de la biodiversité après une diminution des pratiques intensives.

Plus de carabes, moins de mauvaises herbes

Des chercheurs de l’unité Agroécologie de l’Inra Dijon Carabes, suivi de peuplement. © Inra, Ch. Maître
Carabes, suivi de peuplement © Inra, Ch. Maître
et du BBSRC (Biotechnology and Biological Sciences Research Council, Royaume-Uni) ont réalisé une étude pour comprendre le lien entre l’évolution de la  quantité de graines d’adventices  dans le sol d’une année sur l’autre dans les champs cultivés et l’abondance des populations de carabes. Ils ont passé au peigne fin 257 champs et 4 cultures - maïs, betterave, colza d’hiver et de printemps - répartis sur l’ensemble du territoire britannique.

L’analyse des données a permis de conclure que plus il y a de graines d’adventices disponibles en surface, c’est-à-dire juste après qu’elles soient tombées de la plante, plus le nombre de carabes est élevé. Et plus il y a de carabes dans une parcelle, moins le stock de graines dans le sol augmente d’une année sur l’autre.

Ces résultats suggèrent donc que les carabes prélèvent une part non négligeable de graines avant que celles-ci ne viennent réalimenter le stock de graines du sol, responsable des futures germinations. Cette régulation est un service des écosystèmes qui se produit naturellement, et qui représenterait un moyen complémentaire de lutter contre les adventices.

 

Comment favoriser la présence de carabes

L’étude estime que ce service serait amplifié si la quantité de pesticides utilisés était réduite et si la pratique du labour qui perturbe le sol dans lequel certains carabes passent l’hiver sous forme de larve ou d’adulte était limitée. Par ailleurs, les habitats semi-naturels permettant à ces insectes de se maintenir dans les paysages agricoles doivent être préservés. La recrudescence de carabes prédateurs de graines pourrait augmenter le contrôle des mauvaises herbes et donc limiter le recours aux herbicides ce qui constituerait un réel impact positif sur la biodiversité et l’environnement.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

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Santé des plantes et environnement
Centre(s) associé(s) :
Dijon

Au jardin aussi, les carabes rendent service

Les carabes sont  des insectes auxiliaires, prédateurs des  ravageurs des jardins (comme des cultures). Ces coléoptères se nourrissent en effet de limaces, d’escargots, mais aussi de pucerons, de larves de taupin, de vers ou encore de chenilles. Ils patrouillent sur le sol des champs et des potagers et sont de véritables gardiens pour les plantations. Ainsi, évitez de traiter votre jardin  avec des pesticides, cause de mortalité par intoxication des carabes. Le labour et le bêchage détruisent quant à eux les œufs excluant la naissance d’autres individus. Privilégiez les haies et herbes hautes ; elles leur servent d’habitat et de garde-manger !