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Croquez la pomme sans laisser d’empreinte !

Déterminer l’impact d’un système de production agricole sur l’environnement passe par l’analyse du cycle de vie de la culture observée. Tous les travaux effectués avant, pendant et après la récolte y sont alors inspectés afin de souligner les points forts et faibles du système de production qu’il soit biologique, intégré ou conventionnel.

VERGER  de pommiers. © NIORE Jacqueline
Par Clément Delorme pour Inra
Mis à jour le 14/10/2013
Publié le 03/10/2013

Utilisation de pesticides ou de fongicides, tontes ou désherbage des rangs, fertilisation, récolte… Lesquelles de ces pratiques ont le plus fort impact sur l’environnement ? Qui de l’agriculture biologique, de la production intégrée ou de l’agriculture conventionnelle est la plus clémente vis-à-vis de son milieu ? Pour répondre à ces questions, des chercheurs de l’unité expérimentale Recherches intégrées de l’Inra Paca à Gotheron ont effectué des analyses de cycle de vie sur des vergers de pommiers.

Cette expérience consiste à mesurer et enregistrer le coût environnemental (demande en énergies non renouvelables, en émissions de gaz à effet de serre ou autres substances polluantes) généré par la moindre activité effectuée dans le verger, qu’il s’agisse des émissions directes (liées aux produits phytosanitaires, à la fertilisation, etc) ou d’émissions indirectes comme celles issues de la fabrication des produits épandus ou l’assemblage des outils (tracteurs, pulvérisateurs…) Ces émissions sont ensuite exprimées par rapport à la surface du verger ou la quantité de fruits produits.

La bio, la conventionnelle et l’intégrée

Mise en place sur trois variétés de pommes (Golden, Ariane, Melrose) ayant des sensibilités différentes aux maladies, l’étude publiée dans la revue Agronomy for Sustainable Development porte sur trois années de production. Elle révèle les bons et les mauvais côtés des trois systèmes de production testés, ouvrant ainsi des pistes d’optimisation pour chaque cas.

Sans grande surprise, l’agriculture conventionnelle présente des résultats médiocres. En cause, l’utilisation de traitements chimiques pour le désherbage ou la lutte contre les maladies et les ravageurs. Cependant, la pomme bio pourrait faire mieux. Le nombre de traitements et de passages dans les vergers augmente les pollutions liées à la mécanisation : les émissions en énergie non renouvelables sont quasiment deux fois plus importantes en AB qu'en agriculture conventionnelle si l'on se rapporte au kilogramme de fruits produits.
Ceci s’explique par l’écart de rendement entre les deux modes de production : faible pour le bio, élevé pour l’agriculture intensive (en 2009, le rendement des pommes Golden atteint 41,7 tonnes par hectare en agriculture conventionnelle et seulement 18,3 en agriculture biologique).

La production intégrée, compromis entre l’utilisation de méthodes issues de l’agriculture biologique et l’emploi de pesticides en dernier recours, tire son épingle du jeu puisque relativement peu de produits phytosanitaires sont utilisés pour un rendement proche de l’agriculture conventionnelle.

« Les analyses du cycle de vie permettent de rendre compte des fonctions attendues d’un système de production. Produire pour le conventionnel, préserver en plus l’environnement pour le bio », précise la chercheuse à l’Inra, Aude Alaphillipe. Cette étude permet aussi d’entrevoir quelques pistes pour limiter l’usage de pesticides. « La variété de la pomme est un paramètre très important, les plus résistantes permettant d’effectuer moins de traitements. De même, le choix du produit phytosanitaire et le moment de son utilisation jouent un rôle capital comme le montrent les résultats en production biologique et intégrée », insiste la scientifique.

À terme, l’analyse du cycle de vie des vergers pourrait permettre d’aider à améliorer les performances des systèmes de production, quels qu’ils soient, et d’informer le consommateur sur l’impact environnemental du produit qu’il acquiert.