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Ce numéro, réalisé en partenariat avec l’Inra, est un recueil d’expériences et de pratiques exemplaires dans le domaine de l’alimentation de qualité et de proximité.

Revue Village - Hors-série n°3

Ce numéro, réalisé en partenariat avec l’Inra, est un recueil d’expériences et de pratiques exemplaires dans le domaine de l’alimentation de qualité et de proximité.

Mis à jour le 17/10/2019
Publié le 11/10/2019

Les résultats des travaux de chercheurs de disciplines variées éclairent les actions de terrain. Nouveaux lieux de consommation, place des collectivités dans la reterritorialisation de l’alimentation, démarches de qualité, création de filières...  

 

Du champ à l’assiette

Le renouveau de l’alimentation de proximité 

Revue Village – 84 pages, octobre 2019 -12 euros

EXTRAITS

• Longtemps considérés comme marginaux sur le plan économique, les circuits courts sont restés peu étudiés sous cet angle. Des travaux récents, portés par des chercheurs mais aussi des acteurs du développement agricole et rural, sont venus éclairer cette dimension : dans les filières en crise (maraîchage, lait...), avant même de penser au revenu, un nombre significatif d’agriculteurs soulignent l’importance des circuits courts et de proximité pour la survie de leur exploitation, seul apport régulier de trésorerie parfois ! De manière plus positive, ces circuits peuvent générer des revenus horaires et par actif agricole au moins aussi importants que les filières longues, voire plus importants. Il s’agit toutefois d’être bien organisé, de proposer des produits divers, différents de ceux disponibles en supermarché (variétés plus goûteuses...), de maîtriser la logistique... L’implication dans une structure collective pour mutualiser les produits, partager les coûts, les tâches, les opportunités, les risques, va ainsi souvent de pair avec un revenu plus élevé. Il soulève néanmoins plusieurs défis : s’inscrire dans un collectif, avec les discussions et les engagements que cela suppose ; maintenir la proximité entre producteur et consommateur ; conserver le lien avec le territoire. Il faut trouver l’équilibre. Les performances économiques ne dépendent toutefois pas seulement des agriculteurs et de leur capacité à s’organiser, entre eux ou avec d’autres : en viande bovine, par exemple, le revenu de la vente directe peut varier de 1 à 4, selon si, en particulier, un abattoir est disponible à proximité. Les pouvoirs publics, à toutes les échelles, ont ainsi un rôle clé à jouer, pour favoriser la présence d’infrastructures locales mais aussi faire évoluer la réglementation pour qu’elle leur soit davantage adaptée. En retour, un circuit court et de proximité contribue au développement économique de son territoire. Une étude menée par l’Inra en 2017 a montré ainsi que pour 100 euros dépensés dans un magasin de producteurs par des consommateurs, 91 euros reviennent aux producteurs-fournisseurs et aux salariés, lesquels redépensent cet argent majoritairement dans leur territoire, si bien que 100 euros dépensés au départ génèrent au final 262 euros de dépenses dans ce territoire, contre, en moyenne, 106 euros dans le cas d’un supermarché et 175 dans le cas d’un commerce de proximité.

 

• Fabrice Hégron, fondateur et directeur de la laiterie En direct des éleveurs

" En 2006, nous avons décidé, avec mon frère, d’arrêter l’intensif. À l’époque, nous étions sur un modèle d’ensilage de maïs, de blé, de soja, comme 90% des fermes en France. La génération de nos parents a été sommée de faire du volume. Nous, on a choisi d’aller chercher de la valeur nutritionnelle et environnementale, avec une obligation de résultat. Depuis 2006 on n’utilise plus de glyphosate, on ne laboure plus. Nous avons aujourd’hui 130 hectares ; 120 d’herbes et 10 de céréales en auto- consommation. Nous récupérons des résidus en bois d’entreprises. Ils nous servent à faire le sol pour nos animaux. Mélangés avec les excréments cela devient du compost de bois. Nos sols sont plus vivants, et on irrigue moins. Nous regardons ce qui se fait de bien un peu partout."

COLLOQUE

Reterritorialisation de l'alimentation : quelles contributions à la durabilité des systèmes alimentaires ?

Ce colloque, ouvert à tous, sera d'abord l'occasion de partager les résultats de l'étude coordonnée par l'Inra sur la reterritorialisation de l'alimentation en 2018-2019, basée sur plus de 200 interviews d'acteurs nationaux et régionaux et la collecte de données chiffrées. Dans un second temps, la présentation d'autres travaux de recherche, portés par différentes disciplines, viendra éclairer une première série de questions soulevées par l'étude.

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