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Neurones (en vert) et cellules microgliales (en rouge) de cerveau de souris nourries avec des omega 3.. © Inra

Santé du cerveau : l’alimentation idéale pour chaque âge de la vie

Développement cérébral : l’importance de l’alimentation maternelle

La prolifération des cellules souches neurales est contrôlée à la fois par les taux d’acide folique et de protéines. L’impact de l’alimentation maternelle sur le fœtus constitue une véritable programmation nutritionnelle qui peut retentir  tout au long de la vie de l’individu.

Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 07/12/2015
Publié le 26/11/2015

Développement cérébral : l’importance de l’alimentation maternelle. © Fotolia, PeterPunk
© Fotolia, PeterPunk

Une bonne alimentation, cela commence avant la naissance. Comme preuve : les suppléments en acide folique que l’on recommande aux femmes enceintes durant les deux premiers mois de grossesse. L’acide folique réduit les risques de malformation du fœtus, et, en particulier, le risque que le tube neural ne se referme pas tout-à-fait lors du développement de l’embryon. De même, la quantité de protéines qui parvient au fœtus est tout aussi cruciale. Or, certains défauts dans le fonctionnement du placenta peuvent provoquer un déficit en acides aminés (les constituants des protéines). Ceci peut entrainer un  retard de croissance intra-utérine, qui, ensuite, augmente le risque d’apparition de troubles psychomoteurs ou comportementaux. Ceci est un véritable problème de santé publique : 6% des enfants nés en France présentent un retard de croissance dû à des défauts placentaires.

Les nutriments et le développement cérébral

Certains chercheurs du laboratoire de Physiologie des Adaptations Nutritionnelles (PhAN) ont voulu mieux comprendre le rôle que jouent l’acide folique et les protéines apportés par l’alimentation de la mère dans le développement fœtal  et postnatal de l’hippocampe, la structure cérébrale qui est le siège de la mémoire. Pour cela, les chercheurs ont soumis des rattes gestantes à un régime restreint en protéines. Ils ont observé que cela avait pour effet de  diminuer le taux de prolifération  des cellules souches neurales qui sont à l’origine des neurones et des cellules gliales. Ces dernières sont essentielles pour fournir l’énergie et les  nutriments aux neurones et participent à l’architecture du cerveau en guidant les neurones.
Un deuxième groupe de rattes recevaient un supplément en acide folique pendant la même période. Là, le résultat était inverse : le supplément avait pour effet d’augmenter nettement la prolifération des cellules souches neurales. Enfin, en combinant les deux régimes, pauvre en protéines et enrichi en acide folique, l’effet sur la prolifération cellulaire était atténué et la différenciation cellulaire modifiée. Que nous disent ces résultats ? « Il existe une interaction complexe entre l’acide folique et la quantité de  protéines que le fœtus reçoit.», répond Valérie Amarger, chercheur au laboratoire PhAN.   
Les mécanismes d’action de cette interaction dans le contrôle du développement neuronal ne sont pas encore bien établis. Cependant, les chercheurs pensent que la restriction protéique influence négativement  les niveaux d’insuline chez le fœtus, avec pour conséquence une diminution du taux de prolifération des cellules souches neurales. De la même façon, une production accrue de facteurs de croissance (tel que l’IGF II) induite par l’acide folique pourrait expliquer l’augmentation du nombre de cellules souches neurales.

Génétique et alimentation

Ces travaux montrent que le développement cérébral n’est pas qu’une affaire de génétique. Les nutriments apportés à l’embryon par la mère constituent une véritable programmation nutritionnelle dont les effets pourraient se faire sentir tout le reste de la vie de l’individu. « Nous pensons qu’il faut un suivi nutritionnel pour les femmes enceintes. Donner de l’acide folique en supplément ne résout pas tous les problèmes car il faut aussi tenir compte des autres nutriments», explique Valérie Amarger.
Les chercheurs veulent à présent évaluer l’impact combiné de ces nutriments sur les facultés cognitives des rongeurs, en particulier en étudiant l’effet des teneurs  en acide folique et en protéines sur la capacité d’apprentissage et de mémorisation des rongeurs. Ceci pourrait permettre à long terme d’optimiser, voire de personnaliser, les recommandations et supplémentations nutritionnelles destinées aux femmes enceintes.  

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Alimentation humaine
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Pays de la Loire