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Neurones (en vert) et cellules microgliales (en rouge) de cerveau de souris nourries avec des omega 3.. © Inra

Santé du cerveau : l’alimentation idéale pour chaque âge de la vie

Comment la malbouffe peut nuire à votre cerveau

Une mauvaise alimentation peut affecter le bon fonctionnement du cerveau. Des chercheurs de l’unité NutriNeuro de l'Inra Bordeaux ont montré que des troubles de la mémoire peuvent découler de la prise d’une nourriture trop riche en graisses et en sucre. Ce sont les adolescents les plus exposés à ces effets délétères.

Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 03/12/2015
Publié le 02/12/2015

Comment la malbouffe peut nuire à votre cerveau © Photographee.eu Fotolia
© Photographee.eu Fotolia

L’obésité est en nette augmentation dans le monde. Aujourd’hui, 40 % de la population adulte française est en surpoids. Plus préoccupant encore : la part d’enfants et d’adolescents en surpoids, qui est déjà de 20 %*, ne cesse de grimper. Au banc des accusés : des régimes trop riches en graisses et en sucres et un manque d’activité physique.
Tout un cortège de problèmes de santé accompagnent l’obésité : risque accru de diabète et d’hypertension, problèmes cardiovasculaires ou musculaires, etc. Dans le procès contre la malbouffe, il faudra ajouter un nouvel élément : celle-ci peut aussi entraîner des troubles de la mémoire, notamment chez les adolescents. Ainsi, manger mal pourrait être cause de retards d’apprentissage significatifs. C’est ce qui ressort des travaux1 des chercheurs de l’Unité NutriNeuro de Bordeaux chez les rats.

Des rats qui retiennent mal

Pour étudier les effets d’une nourriture trop riche en graisses et en sucre sur la mémoire, les chercheurs ont soumis des rats juvéniles et adultes à une diète obésogène puis leur ont fait passer une batterie de tests d’apprentissage. Les résultats sont frappants. Les rats soumis à ce régime ont montré plus de difficultés à mémoriser des lieux et des itinéraires, ce qui montre que leur mémoire spatiale et relationnelle est touchée. « Les rats soumis à ce régime réussissent à apprendre les tâches assez normalement. Le problème est que la consolidation  de leur mémoire est déficiente. Ils ne retiennent pas bien », explique Guillaume Ferreira, chercheur au Laboratoire NutriNeuro. D’après les chercheurs, c’est l’activité de l’hippocampe, structure du cerveau à la base de la mémoire épisodique chez l’homme qui semble déréglé. En effet, la diète obésogène entraîne une inflammation de l’hippocampe qui perturbe son bon fonctionnement.
Tout aussi préoccupant, les scientifiques ont observé, chez les rats gavés de sucres et de graisses, une exacerbation de la mémoire dite émotionnelle. Celle-ci est chargée de retenir des émotions, parmi lesquelles la peur et le dégout. Cette exacerbation peut engendrer un comportement mal adapté, plus rigide, moins apte à la découverte et à l’exploration.
La mémoire émotionnelle est liée à l’amygdale, structure du cerveau fortement régulée par les glucocorticoïdes, les hormones du stress. Les chercheurs ont d’ailleurs observé que les rats soumis à la diète obésogène montrent des dérégulations de l’axe du stress.  

Adolescents vulnérables à la malbouffe

Les rats adultes sont touchés par les effets de cette alimentation déséquilibrée. Néanmoins, ce sont les juvéniles qui sont les plus vulnérables. « Les causes de cette vulnérabilité ne sont pas tout à fait claires, mais pourraient être liées au fait que l’hippocampe et l’amygdale finissent leur maturation lors de l’adolescence», explique Guillaume Ferreira. Découverte à prendre bien en compte vu que les adolescents consomment plus volontiers burgers, barres chocolatées et sodas. Les chercheurs de NutriNeuro testent l’effet protecteur de certains suppléments alimentaires. Déjà, ils ont montré qu’un apport en vitamine A peut limiter les effets d’un régime trop gras et trop sucré sur l’hippocampe, et donc sur les capacités d’apprentissage des animaux. A présent, ils testent l’effet protecteur des omégas 3 et de l’activité physique sur la mémoire.
Autre grand projet des chercheurs : dévoiler les effets de la mauvaise alimentation sur la cognition chez l’humain. Grâce à des études d’imagerie fonctionnelle, ils vont prochainement évaluer le fonctionnement de certaines structures cérébrales entre adolescents obèses et non obèses . De nouvelles preuves  à charge se préparent dans le procès contre la malbouffe !

* Source : ObEpi-Roche, 2012

(1) Projets ANR OBETEEN (2015-2018) et LabEx BRAIN (2015-2016), coordinateur G. Ferreira

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Alimentation humaine
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Nouvelle-Aquitaine-Bordeaux