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Tiques. Femelles Ixodes ricinus © Gwenaël Vourc'h

Réservoir de recherches, vecteur de solutions : rôle clé de l'Inra sur les maladies à tiques

Mis à jour le 10/05/2017
Publié le 09/05/2017

Le printemps annonce le retour des tiques dans les forêts et de la maladie de Lyme. Depuis plus de 15 ans, l’Inra joue un rôle fondamental dans l’avancée des connaissances scientifiques sur les tiques, les maladies qu’elles transmettent et l’impact de l’environnement et du climat sur leur extension. Face à la complexité des maladies transmises, à la difficulté d’établir un diagnostic, l’Inra a amplifié ses recherches. Du séquençage haut débit aux projets de sciences participatives, les travaux poursuivis témoignent de la volonté des chercheur(e)s d’apporter des réponses concrètes aussi bien en santé publique qu’en santé animale.

La maladie de Lyme sort de l’ombre. La prise de conscience des risques liés aux tiques et aux microbes qu’elles transmettent est récente ; on la doit, entre autres, aux actions des associations de malades et d’une poignée de médecins. Leur bataille pour améliorer le dépistage de cette infection et la prise en charge des malades ont amené la France à se doter à l’automne 2016 d’un « plan de lutte national contre la maladie de Lyme et autres maladies à tiques ». Mais la maladie de Lyme, ou borréliose, n’est qu’une partie du problème. Les tiques ont la désagréable particularité de transmettre nombre de maladies à l’Homme et aux animaux. Elles sont le premier vecteur de maladies animales au monde. Une trentaine de maladies (homme et/ou animal) recensées en Europe sont dues à des bactéries, virus ou parasites de tiques. Ces microbes peuvent à eux seuls provoquer des maladies avec des symptômes proches de Lyme et pour lesquelles il n’existe peu ou pas de tests de diagnostic.

Face à une thématique aussi complexe que les maladies vectorisées par les tiques, la diversité des travaux menés à l’Inra depuis les années 2000 offre une réponse au spectre large permettant de couvrir les besoins de recherche en santé humaine et santé animale : pathologie, transmission et détection, génétique des populations de tiques, amélioration des tests pour les diagnostics, impact du climat, du paysage sur la densité des populations, surveillance et prévention, modélisation et cartographie. « L’Inra a été beaucoup sollicité pour la construction du plan national car l’Institut est vraiment en avant sur toutes ces questions », explique Muriel Vayssier-Taussat, chef du département Inra Santé animale. « Les recherches menées par l’Institut vont du plus fondamental à la recherche participative en passant par le renforcement de nos collaborations avec le monde médical et les associations de malades ».

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Muriel Vayssier-Taussat, chef du département scientifique Santé animale
Département(s) associé(s) :
Santé animale

À savoir pour bien se protéger

L’activité des tiques est maximale de mai à octobre en France à des températures entre 7 et 25° C (pour l’espèce Ixodes ricinus, la plus répandue en Europe). Elles sont présentes sur tout le territoire à l’exception du pourtour méditerranéen. Leur habitat sont les bois, les herbes hautes, les parcs et jardins, proches de la nature et/ou visités par des animaux (sauvages : cervidés, rongeurs, oiseaux et  d’élevage : bovins, ovins ; domestiques : chiens, chats).

En promenade, portez des vêtements couvrants, chaussures montantes ou bottes. Il existe des répulsifs à appliquer sur les parties restées découvertes, et d'autres pour imprégner les vêtements. Après chaque sortie, examiner soigneusement la totalité du corps, les tiques pouvant se déplacer le long de la peau du corps, une fois tombées sur l'hôte. Si une tique est retrouvée non fixée sur la peau, il n’y a aucun risque de transmission d’agents pathogènes et donc de développer une infection. Si la tique est retrouvée fixée, il faut l’enlever avec un tire-tique (sorte de mini pied de biche vendu en pharmacie), puis désinfecter le site de piqûre. Il faut dévisser la tique – éviter de l’arracher – en tournant dans un sens puis dans l’autre, jusqu’à ce qu’elle se détache toute seule. Plus la tique est enlevée tôt après la piqûre, moins le risque de transmission d’agents pathogènes est élevé.

Il faut surveiller ensuite l’apparition d’un érythème migrant (large tache rouge centrée sur le point de morsure qui se déplace au fil des jours et finit par disparaître) ou de symptômes semblables à ceux de la grippe. Dans ce cas, il est recommandé de consulter son médecin généraliste. Toutes les piqûres de tiques ne sont pas à l’origine de maladies – seulement 10 % des tiques infectées seraient à l’origine d’une infection après piqûre.

Plan national de lutte contre la maladie de Lyme et autres maladies à tiques

Le plan, lancé par le ministère de la santé, a pour objectif d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients. Il propose aux malades et médecins concernés de participer ensemble à l’élaboration d’un protocole de diagnostic et de soins. Il vise également à renforcer la surveillance et la prévention, et à associer l’ensemble des parties prenantes dans cette lutte et à renforcer les recherches pour améliorer les connaissances sur les maladies transmissibles par les tiques.

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