bactéries MICROBIOTE humain. © M.Thomas & T. Meylheuc

Microbiote intestinal, nouvel organe au potentiel extraordinaire

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 17/08/2016
Publié le 18/12/2013

Depuis dix ans les scientifiques se penchent sur un « organe » inexploré : les 100 000 milliards de bactéries vivant dans notre intestin ! Interface clef entre aliments et corps humain, cet écosystème est avant tout protecteur mais il serait impliqué dans de nombreuses maladies métaboliques voire neurologiques. Une révolution pour la science et la médecine.

Notre intestin est l’hôte d’un immense écosystème bactérien : on comptabiliserait 100 000 milliards de bactéries, soit dix fois plus que le nombre de cellules constituant le corps humain ! Pesant deux kilos à lui tout seul - il est plus lourd que notre cerveau - ce « métagénome intestinal » possède chez chaque individu 30 fois plus de gènes que notre propre génome ! Ces bactéries, nichées tout au long de notre tube digestif, sont l’interface clef de nos cellules intestinales avec l’aliment, mais également avec les antibiotiques et les pathogènes. Leur dysfonctionnement a des incidences bien au-delà de la seule digestion, sur l’immunité et le système nerveux : des expériences montrent que l’absence de ces bactéries chez des animaux provoque des problèmes métaboliques, immunitaires voire neurologiques ! Une altération de cet écosystème bactérien est associée à de nombreuses maladies chroniques dont l’incidence ne cesse d’augmenter. On fait aujourd’hui le lien entre obésité, diabète, allergies et altération du microbiote. On a également constaté que le niveau d’anxiété de la souris pouvait être impacté et l’on travaille actuellement sur l’influence du microbiote sur des maladies psychiatriques et certaines formes d’autisme à déclenchement tardif.

Leader en métagénomique humaine

Depuis peu considéré comme un organe à part entière qui révolutionne science et médecine, il fait l’objet de nombreux programmes de recherches. Avec 23 publications à son actif depuis 2006, dont six dans Nature et un dans Nature methods depuis 2010, l’Inra est le numéro Un mondial de la recherche sur la métagénomique humaine.

Pour Dusko Ehrlich, coordinateur du projet européen MetaHIT (Métagénomique du tube digestif humain) et porteur du projet MetaGenoPoliS, soutenu par les investissements d’avenir, à l’Inra :« Ce nouvel organe que les médecins ne savent pas encore palper impacte la santé, et nous ne savons pas encore comment. Nous analysons le dialogue entre ces bactéries et les cellules humaines pour comprendre leur influence sur les maladies métaboliques, voire neurologiques. D’infinies perspectives de recherche s’ouvrent à nous. Elles nous permettront sans doute de comprendre la sensibilité d’un individu à un traitement médical, à un pathogène, voire d’enfin mieux comprendre le lien entre l’alimentation et la santé ! Ces recherches ouvrent des portes à des thérapies plus personnalisées, voire à une médecine préventive».

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Microbiologie et chaîne alimentaire
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Micalis et Metagenopolis