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Allergies aux pollens. Interview de Bruno Chauvel. Inra Dijon. © Inra, G. Simonin

Pollens, l’allergie qui gagne du terrain

Rhinite, conjonctivite, asthme… Chaque année, des millions de Français souffrent d’allergies au pollen plus ou moins invalidantes. Cette maladie devrait toucher une personne sur deux d’ici 2050. En cause : la pollution, le changement climatique et l’urbanisation. Qu’en est-il exactement ? Le point avec Bruno Chauvel, directeur de recherche à l'Inra Bourgogne-Franche-Comté, qui a coordonné l’Observatoire des ambroisies depuis sa création en 2011 jusqu'en 2016.

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 25/04/2018
Publié le 30/04/2014

Printemps rime avec pollinisation, et la pollinisation est au cœur de la reproduction des espèces végétales. De nombreuses plantes libèrent dans l’atmosphère leurs grains de pollen (l'élément fécondant mâle de la fleur) qui seront transportés jusqu’aux stigmates (organe récepteur femelle) par le vent. Ces espèces, dites anémophiles car elles utilisent le vent pour assurer leur dissémination pollinique, produisent un nombre important de grains de pollen. Il suffit parfois de quelques dizaines de grains de pollens pour provoquer des manifestations allergiques.

En 30 ans, la quantité de pollen aurait doublé en France, le nombre des allergies également. La France compte 20 à 25 % d'allergiques en France dont 10 % aux pollens. Une personne sur deux serait touchée en 2050. La pollution atmosphérique, l’urbanisation, le changement climatique, sont les principaux accusés de la modification de l’agressivité des pollens. D´autres facteurs peuvent intervenir : la présence simultanée de plusieurs pollens allergisants, l´existence de réactions croisées entre des pollens de la même famille ou avec certains aliments ou un terrain génétique prédisposant à développer cette allergie.

Allergies au pollen : cartes des risques 2017 (Bouleau, cyprès, frêne, graminées). @RNSA. © RNSA, Véronique Gavalda
Allergies au pollen : cartes des risques 2017 (Bouleau, cyprès, frêne, graminées). @RNSA © RNSA, Véronique Gavalda

Les allergies au pollen (pollinoses) sont évidemment liées à la pollinisation des plantes. Dans l’année, divers pollens se succèdent dans l’air et on parle par conséquent de saisons polliniques. La saison des arbres est la première. Vient ensuite la saison des graminées. La dernière est celle de l’ambroisie.

LA MÉTÉO DES POLLENS

Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA)

Ce réseau assure la surveillance des pollens sur 70 sites répartis dans toute la France. Sur son site, on trouve toutes les infos sur les pollens circulant pour chaque région. Le RNSA met en place des bulletins allergo-polliniques, cartes et graphiques, du risque allergique par ville ou par pollen. Ces bulletins sont établis à partir des types de pollens présents, leur quantité dans l’air, la situation géographique, les données cliniques associées ainsi que les conditions météorologiques.
Il est possible de s'inscrire à la liste de diffusion du RNSA pour recevoir des alertes polliniques hebdomadaires dans les départements avoisinant sa ville ou sa région.

> Plus d’infos sur le site du RNSA : http://www.pollens.fr/accueil.php
> Contact : Michel Thibaudon

Inflorescence de dactyle.. © Inra, SEGURA Raphaël

Les pollens ne sont pas tous dangereux

Le pouvoir allergisant des pollens est différent selon la dimension des grains, le taux de protéines allergisantes, et leurs capacités de transport. Pour provoquer une réaction allergique, il faut :

  • que le pollen d´arbre ou herbacée soit émis en grande quantité. C'est le cas des plantes anémophiles : graminées, ambroisies, cyprès, bouleau ;
  • qu´il soit de petite taille. Les grains de pollen resteront d´autant plus longtemps dans l´atmosphère, et pourront parcourir de plus grandes distances s´ils sont petits et légers. C’est pourquoi on trouve des pollens allergisants aussi bien dans les villes qu´à la campagne ;
  • qu´il ait un fort pouvoir allergisant. Il faut qu´il puisse libérer ses particules protéiques responsables de la sensibilisation. Source RNSA.
Plant adulte d'ambroisie à feuilles d'armoise.. © Inra, INRA

L’ambroisie, premier allergène de la région Rhône-Alpes

Originaire d’Amérique du Nord et du Canada, « l’herbe à poux » est arrivée en France à la  fin du 19e siècle.

Fléau pour la santé, la plante coûte 15 à 20 M € à l’assurance maladie (données 2011 pour la seule caisse primaire d’assurance maladie de la région Rhône-Alpes), elle est aussi une menace pour l’agriculture.