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Interview vidéo Stéphane Hazebrouck sur l'allergie au lait de vache. CIAG Allergies alimentaires, 17 juin 2016, Paris.. © Inra

Allergie au lait de vache, laits infantiles de substitution : décryptage

Que faire lorsque bébé est allergique au lait de vache ? Des chercheur(e)s Inra évaluent le risque allergique de laits alternatifs tels que les laits de chèvre et d’ânesse qui pourraient être proposés aux enfants. Trois questions à Stéphane Hazebrouck du Laboratoire Inra d'immuno-allergie alimentaire au CEA de Saclay.

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 24/08/2016
Publié le 30/06/2016

L’allergie au lait de vache, plus précisément aux protéines de lait de vache, est la plus fréquente chez les nourrissons. En France, elle touche 2 à 3 % des enfants de moins de 3 ans et 1,1 % des enfants scolarisés (jusqu’à 14 ans). La sévérité des symptômes (digestifs, cutanés, respiratoires) varie en fonction des individus mais peut aller jusqu’au choc anaphylactique. Dans la majorité des cas, l’allergie disparaît spontanément vers l’âge de 3 à 5 ans et seule une minorité de patients reste sensible à l’âge adulte (environ 20 %).

Il ne faut pas confondre l’allergie au lait de vache avec l’intolérance au lactose. L’allergie au lait de vache est liée à une réponse immunitaire excessive contre des protéines du lait, dont les plus allergisantes sont les caséines et certaines protéines du lactosérum. L’intolérance au lactose (principal sucre du lait) survient en cas de déficit d’une enzyme, la lactase, nécessaire pour dégrader le lactose au niveau de l’intestin.

En cas d’allergie au lait de vache chez l’enfant

La suppression totale des protéines de lait de vache du régime alimentaire est aujourd’hui le seul traitement sans risque pouvant être proposé. Des formules infantiles contenant des protéines de lait hydrolysées offrent une bonne alternative en première intention. Si les symptômes persistent, les parents peuvent alors avoir recours à des sources de protéines végétales comme le riz ou le soja. Toutefois, les formules infantiles à base de soja ne sont pas conseillées en première intention à cause d’une fréquence d’allergie à ces protéines assez élevée, de 10 à 14 %, chez les enfants allergiques au lait de vache. Dans les cas les plus sévères, des solutions d’acides aminés sont proposées mais ces formulations ne sont pas toujours bien supportées par les enfants. Il ne faut surtout pas confondre ces préparations avec les jus végétaux non-modifiés et non-maternisés tels que le jus de soja, d’amande, de noisette ou de riz, qui ne sont absolument pas adaptés aux besoins nutritionnels de l’enfant et présentent un risque important de carences, voire de malnutrition, s’ils sont l’unique source de protéines apportée.

Les laits d’autres espèces mammifères - chèvre, ânesse, chamelle - pourraient offrir une bonne alternative dans les cas d’allergies les plus sévères et pour les enfants ne supportant pas le goût des formules modifiées. Toutefois, la consommation de lait de chèvre et de brebis est à proscrire en cas d’allergie au lait de vache à cause de possibles réactions d’allergies croisées. Les résultats les plus prometteurs ont été obtenus avec le lait d’ânesse en Italie. Bien qu’encourageants, les travaux concernant le lait de chamelle sont encore trop peu avancés. Quel que soit le lait de mammifère, ils ne sont pas adaptés aux besoins nutritionnels des enfants de moins de 1 an et il faut donc développer des formules infantiles adaptées. L’allaitement maternel reste l’aliment de choix pour le nourrisson.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

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Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

Pour aller plus loin

"Allergies, intolérances et hypersensibilités alimentaires"

Carrefour de l'innovation agronomique, 17 juin 2016, Paris.

Ciag Allergies, intolérances et hypersensibilités alimentaires, 17 juin 2016 à Paris . © Inra
© Inra

L’allergie alimentaire se caractérise par une réaction développée contre des protéines allergéniques présentes dans un aliment. Aux côtés des allergies, on connaît des intolérances (lactose, maladie cœliaque) ou des réponses dites hypersensibles (ex gluten). Dans quelle mesure les évolutions sociales et comportementales, les modifications de l’allergénicité des aliments pendant leur transformation industrielle, le développement de nouveaux aliments, l’enrichissement en protéines végétales de notre alimentation ou le recours à des laits alternatifs ne sont-ils pas susceptibles d’augmenter le risque allergique ? De quels outils prédictifs du risque allergique les industriels peuvent-ils disposer avant le développement et la mise en marché de nouveaux produits ? Pour répondre à toutes ces questions, le Carrefour de l'innovation agronomique "Allergies, intolérances et hypersensibilités alimentaires" a mobilisé des praticiens de santé, des chercheurs en science des aliments et des industriels. Il s’adressait tout particulièrement aux acteurs des industries agro-alimentaires (meunières et laitières en particulier), médecins (gastro-entérologues et rhumatologues en particulier), enseignants-chercheurs et étudiants de ces filières.
> Retrouvez les vidéos des interventions.