Gariguette : l’Inra ramène sa fraise !

La Gariguette doit son succès à une femme, Georgette Risser, qui a dirigé pendant des années les recherches sur l’amélioration du fraisier à la station Inra-Montfavet (site d’Avignon) pour créer cette nouvelle variété en 1976. Elle est la fraise la plus vendue en France, et bénéficie du label rouge depuis 2009.

Fraise Gariguette. © Inra
Mis à jour le 29/04/2016
Publié le 29/04/2016

On la croirait sortie tout droit des jardins de nos aïeux alors qu’en fait elle a juste quarante ans. La Gariguette est née en janvier 1976 des recherches de l’Inra pour relancer la culture du fraisier en France après la seconde guerre mondiale. Lorsque les chercheurs démarrent leurs travaux sur l’amélioration du fraisier, leur objectif est de sélectionner de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies et plus productives. Mais aussi d’introduire la qualité gustative parmi les objectifs de sélection, comme en témoigneront les trois variétés (Belrubi, Favette, Gariguette) qui sortiront de la station d’amélioration des plantes maraichères d’Avignon-Montfavet.

La qualité, pari de l’Inra

Issue d'un croisement entre la Belrubi et la Favette, la Gariguette est moins grosse mais plus savoureuse. Cette nouvelle variété est précoce, on la trouve sur les étals dès le mois de mars. Elle arrive à pic car dans les années 1980 en France, les premières fraises de la saison ne peuvent guère rivaliser avec les variétés primeur d’Espagne. Les prix s’effondrent. Seule la qualité gustative peut faire la différence. C’est l’atout de la Gariguette. Elle a été sélectionnée pour la forme et la couleur régulières de ses fruits, son parfum, le bon équilibre sucre/acidité, sa bonne conservation (résistance au transport) et une tolérance générale aux maladies. Mais elle a deux défauts : un fruit pas très gros et une productivité médiocre. Son prix de revient dépasse celui des variétés standard et elle peine à s’installer. Proposée en 1977, elle n’intéresse guère les  producteurs qui vendent de la « fraise » toutes variétés confondues. Seuls quelques-uns comprennent que la qualité peut payer et entreprennent de bien maîtriser sa culture et de la faire connaître. Avec sa robe rouge-orangée, sa forme allongée biconique, elle est facilement reconnaissable par les consommateurs. Elle fera l’objet d’une campagne de publicité impulsée par le groupement « La fraise de France ». Gariguette devient la variété précoce la plus cultivée en France. Connue par 73 % des Français, elle bénéficie du label rouge depuis 2009. Pari gagné pour l’Inra.

Résistance aux maladies

De nombreuses maladies dues à des champignons peuvent causer d'importants dégâts dans les cultures de fraisiers. L'anthracnose, en particulier, provoque des nécroses sur stolons, fruits, pétioles et folioles et des flétrissements du plant. La lutte chimique, les techniques culturales et les mesures prophylactiques ne sont pas totalement efficaces contre cette maladie. Aussi l'Inra s'est-il attaché à élaborer une stratégie de lutte génétique pour sélectionner des variétés présentant une résistance efficace et durable. Des tests de sélection pour la résistance à l'anthracnose ont été mis au point à différents stades physiologiques de la plante. Ces résultats des recherches sont aujourd'hui utilisés par les sélectionneurs dans leur programme d'amélioration du fraisier pour la résistance à l'anthracnose.

En quelques chiffres

Avec une production annuelle de 54 000 t en 2014, la France se situe au 6e rang des pays producteurs européens derrière l’Espagne, la Pologne, l’Allemagne, l’Italie et la Grande Bretagne (Source Eurostat). L’Aquitaine est au 1er rang national de la production française (20 000 t). (Source : Statistique agricole annuelle). La fraise est le 9e fruit le plus consommé par les Français en volume : 2,8 kg par an et par ménage (Source : Kantar Worldpanel - Moyenne 2012-2014). En 2009, la Gariguette représente le plus gros segment en valeur du marché de la fraise en France (25,7% des ventes). Sur un marché en baisse, elle tire son épingle du jeu en progressant de 3 %. Cette variété progresse également en volume (+5,5 %). (Source : TNS Worldpanel)