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Premiers pas vers un vaccin contre la bronchiolite

La bronchiolite est une maladie hivernale qui touche 460 000 bébés par an, ainsi que de nombreux élevages bovins. Des chercheurs développent un nouveau vaccin dont les premiers résultats sont très positifs. Ils testent aussi une nouvelle voie d’administration sans piqûre et sans douleur.

Service de néonatologie au CHU Hôtel-Dieu de Nantes, Hôpital Mère-et-Enfant. Les bébés prématurés y restent en couveuse jusqu'à la date théorique de leur naissance.. © Inra, MAITRE Christophe
Par Sebastián Escalón pour Inra
Mis à jour le 01/03/2016
Publié le 04/02/2016

C’est l’hiver, et le voilà qui apporte son lot de désagréments aux bébés, et de sueurs froides à leurs parents. C’est la saison où la bronchiolite fait son inévitable retour. Causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), cette maladie touche quelque 460 000 nourrissons par an. Toux, rhinite, difficultés pour respirer, fièvre modérée : voilà les symptômes d’un mal fastidieux, mais qui, heureusement, ne requiert d’hospitalisation que dans 10% des cas.
Les veaux sont eux aussi touchés par la maladie. La bronchiolite cause des retards de croissance ou même la mort des veaux dans 6% des cas en moyenne. De plus, les infections d’animaux par le VRS annoncent souvent des surinfections par d’autres pathogènes et l’usage d’antibiotiques. Or, les vaccins actuels contre la bronchiolite bovine ne sont pas très efficaces.
Les chercheurs Inra tentent de lutter contre ces épidémies saisonnières. Pour s’attaquer à la bronchiolite, les chercheurs se sont intéressés aux versions humaine et bovine du virus. Avec de beaux succès à l’affiche : une équipe du laboratoire Virologie et Immunologie Moléculaires développe un vaccin contre la bronchiolite dont les résultats précliniques sont très encourageants. En collaboration avec la société biopharmaceutique DBV Technologies, ils tentent en outre de rendre l’application de ce vaccin aussi douce que possible. Un simple patch pourrait remplacer ces piqûres douloureuses pour le bébé, mais encore plus pour ses parents !

Vacciner des bébés et des veaux

Le vaccin développé par les chercheurs est un antigène basé sur une protéine du virus. L’antigène, une fois dans l’organisme, produit une réaction du système immunitaire, qui, lors d’une infection, lui permet de reconnaître le virus et de l’éradiquer rapidement. Cet antigène se présente sous la forme d’un anneau composé de 10 motifs viraux identiques. Pour améliorer son efficacité, les chercheurs ont ajouté à l’antigène initial composant l’anneau, d’autres éléments antigéniques du virus qui activent plus largement les défenses immunitaires.
Les tests réalisés par les chercheurs ont montré qu’ils tiennent là une piste sérieuse : l’antigène s’est avéré capable d’induire de fortes réponses du système immunitaire chez le veau et la souris. Ainsi, les chercheurs ont observé une nette diminution de la réplication du virus et des signes cliniques produits par la bronchiolite. En d’autres termes, les animaux traités résistent beaucoup mieux à la maladie.

Halte aux piqûres

Les chercheurs voudraient aussi que leur vaccin puisse être délivré de façon à éviter les toujours effrayantes piqûres. Voilà pourquoi ils ont lancé une collaboration avec la société DBV Technologies qui a développé un patch, breveté sous le nom de Viaskin®, permettant de délivrer sans douleur des molécules thérapeutiques dans les premières couches de la peau et l’épiderme. Si l’antigène pouvait être délivré grâce à ce patch, alors on aurait un mode de vaccination sans injection ni utilisation d’adjuvants qui serait tout à fait adapté au nouveau-né. Ainsi, pas de douleur et pas d’irritation lors de la vaccination !
Afin de tester l’efficacité de cette stratégie, les chercheurs ont utilisé le patch sur des porcelets. Il faut bien se l’avouer, rien ne ressemble plus à la peau humaine que la peau d’un porc. Les résultats se sont là aussi avérés positifs : non seulement l’antigène a bel et bien pénétré dans la peau des porcelets, mais en plus, il a réagi efficacement avec les cellules immunitaires de la peau.
Toutes ces expériences en sont encore au stade préclinique. Avant de devenir un vrai vaccin, ce dispositif doit parcourir un long chemin de développement pharmaceutique et d’expérimentation clinique, chemin d’autant plus contrôlé qu’il s’agit d’une molécule destinée aux bébés. Néanmoins, déjà, les maladies hivernales nous font un peu moins trembler !

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Jouy-en-Josas