• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Surpoids : les prématurés sont-ils de futurs obèses ?

Des recherches tendent à prouver que les nourrissons dits « de petit poids » auraient plus de risques de devenir obèses. La nutrition de la mère durant sa grossesse peut influencer le développement du métabolisme de l’enfant.

Service de néonatologie au CHU Hôtel-Dieu de Nantes, Hôpital Mère-et-Enfant. Les bébés prématurés y restent en couveuse jusqu'à la date théorique de leur naissance.. © Inra, MAITRE Christophe
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 29/01/2013
Publié le 16/10/2012

L’obésité touche de plus en plus de personnes dans le monde. Selon des études récentes, 60% de la population pourrait être obèse en 2050. Ce mal du XXIe siècle est très certainement dû à des changements dans les habitudes alimentaires mais plus tôt qu’on ne le croyait. Ces changements pourraient avoir une incidence dès la période de développement de l’embryon et du fœtus. « Nous avons émis l'hypothèse que la malnutrition prénatale pouvait influencer le développement d'organes clés dans la régulation métabolique et la prise alimentaire : l'intestin et le cerveau », explique Patricia Parnet, chercheure au centre Inra de Nantes.

 Difficultés alimentaires et retard de croissance

Sur des jeunes ratons d’abord, en 2006, puis sur des bébés nés avec un petit poids, prématurés ou non, entre 2008 et 2011, les recherches ont montré que ces nourrissons pourraient avoir un risque accru de développer des maladies métaboliques accompagnées d’obésité. Ainsi chez les ratons nés avec un retard de croissance, les chercheurs ont découvert des dégradations dans l'organisation des réseaux neuronaux présents dans l'hypothalamus, aire du cerveau dont dépend la régulation de l'appétit. D'autre part, « chez des nouveau-nés hospitalisés après la naissance pour cause de prématurité ou de retard de croissance, nous mettons en évidence à 2 ans d'âge des difficultés lors des repas, caractérisées par de la néophobie (peur de nouveaux aliments), une préférence pour certains aliments, un rejet d'autres,  difficultés marquées chez les petits poids de naissance », ajoute Patricia Parnet.

 Bien nourrir l’enfant et la mère

Mais ces conclusions ne doivent pas alarmer la population. Elles conduisent surtout à penser que la période néonatale associée à l'histoire alimentaire de la mère pendant la grossesse d'une part, les pathologies maternelles (diabète, obésité...) et les évènements stressants d'autre part, influencent largement le devenir du futur adulte. Ainsi si la mère et le père transmettent un patrimoine génétique, dont peut faire partie une propension à l’obésité, ces recherches soulignent que l’environnement nutritionnel pendant une grossesse peut lui aussi compter sur le futur comportement alimentaire de l’enfant. « Pour prévenir des désordres métaboliques  on voit qu’il est nécessaire de mieux connaître les besoins des enfants nés prématurés et/ou de petits poids en fournissant aux parents des conseils pour un développement pondéral adéquat pendant l'enfance et l'acquisition de bonnes habitudes alimentaires», conclut Patricia Parnet.