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Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs. dossier grand public. © Inra, Christian Slagmulder

Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs

Qui sont les consommateurs qui achètent en circuit court ?

Soucieux de manger mieux, davantage attentifs à l’origine des produits, les Français sont de plus en plus nombreux à s’approvisionner en circuit court, notamment pour les fruits et légumes. Une grande étude nationale en partenariat avec l’Inra a permis de dresser le profil de ces consommateurs. Si presque toutes les catégories socio-professionnelles sont désormais concernées, il apparait que les acheteurs manquent parfois de connaissances sur le fonctionnement des circuits courts.

Par Philippe Fontaine
Mis à jour le 21/12/2016
Publié le 30/11/2016

Vente de tomates sur un marché. © Inra, Yuna Chiffoleau
© Inra, Yuna Chiffoleau

Qui achète en circuit court ? Pour répondre à cette question, l’Inra a participé, en 2013, à une vaste enquête nationale dans le cadre du projet Codia coordonné par le Gret et financé par le Casdar (Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural) géré par le ministère de l’Agriculture. Cette enquête avait pour objectif d’identifier le profil des acheteurs, de cerner leurs attentes mais aussi leurs réserves, et enfin de mesurer leur niveau de connaissance de ces modes de distribution. Les résultats, parfois surprenants, vont à l’encontre de bon nombre de préjugés. Ainsi, même si la plupart des consommateurs interrogés dans le cadre de l’étude continuent de faire l’essentiel de leurs courses en supermarché, 42 % d’entre eux indiquaient avoir acheté au moins un produit en circuit court lors du mois précédant l’enquête, pour un budget moyen de 25 euros par semaine. Quand on y pense, c’est énorme ! Alors bien sûr, nous parlons ici de l’ensemble des modes de distribution en circuit court, et notamment de la vente directe à la ferme et sur les marchés, que fréquentent deux tiers des consommateurs. De même, 36 % d’entre eux s’approvisionnent chez les petits commerçants. A l’opposé, même s’ils progressent, les achats en Amap ou sur internet restent encore marginaux. Mais les surprises ne s’arrêtent pas là. L’étude montre aussi la diversification des consommateurs. Si les cadres, les femmes et les retraités sont toujours les plus représentés, les jeunes, les hommes, les professions intermédiaires, et même les ouvriers fréquentent désormais les circuits courts. Et leurs motivations principales sont les mêmes : les acheteurs sont avant tout sensibles à la fraîcheur, au goût, et à la qualité des produits proposés. Mais de nouvelles préoccupations apparaissent, telles que le soutien à l’agriculture et à l’économie locale.

Des consommateurs pas toujours avertis

Les scandales sanitaires qui se succèdent, tels que la crise de la vache folle ou, plus récemment, l’affaire des lasagnes à la viande de cheval, accroissent la défiance des consommateurs. En se tournant vers les circuits courts, dans lesquels le producteur est identifiable, ils pensent acheter des produits, sinon moins chers que la plupart de ceux proposés par la grande distribution, du moins de meilleure qualité. Avec parfois des idées reçues. L’enquête démontre ainsi que 50 % des consommateurs interrogés associent circuit court et production biologique. Et ils sont plus nombreux encore à être convaincus que tous les paysans impliqués dans cette démarche pratiquent une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Cette méconnaissance peut mener à des déconvenues de la part des consommateurs, amenés à payer parfois plus cher des produits issus de l’agriculture conventionnelle, et écoulés en circuit court par des producteurs peu scrupuleux ou par des commerçants se faisant parfois passer pour des producteurs. D’où l’intérêt de les aider à s’y retrouver. C’est à cet effet que l’Inra a expérimenté à partir de 2010 sur le marché de Grabels, près de Montpellier, un système d’étiquetage en couleur permettant à l’acheteur d’identifier d’un coup d’œil l’origine des produits : vert s’ils sont proposés par le producteur lui-même, orange si leur origine est locale mais qu’ils sont vendus par un exposant en lien direct avec le producteur, et enfin violet pour les autres. Avec, pour les produits étiquetés vert et orange, la garantie qu’ils respectent des critères d’agriculture durable, définis et contrôlés localement. Désormais protégée, l’initiative dénommée Ici.C.Local est reprise par de nombreuses autres communes et étendue aux produits transformés. Elle peut être utilisée gratuitement par tous les producteurs, commerçants ou artisans impliqués dans les circuits courts, et qui s’engagent pour l’agriculture durable.

Profil des acheteurs en circuits courts (infographie). © Inra, Véronique Gavalda
Profil des acheteurs en circuits courts (infographie) © Inra, Véronique Gavalda

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Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Montpellier

Uniterres : La solidarité profite à tous

Remise du prix CESE 2015. De gauche à droite : Dominique Paturel (Inra), Georges Massis (Président du CESE), Véronique Blanchot (ANDES), Isabelle Techoueyres (ANDES). © Inra
Remise du prix CESE 2015. De gauche à droite : Dominique Paturel (Inra), Georges Massis (Président du CESE), Véronique Blanchot (ANDES), Isabelle Techoueyres (ANDES) © Inra
Améliorer la qualité nutritionnelle pour les plus démunis tout en soutenant les agriculteurs en situation de précarité, voilà l’objectif d’Uniterres. Porté par le réseau des épiceries solidaires ANDES, ce programme, lancé en 2012, est accompagné par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs, de l’Inra notamment. Uniterres rapproche les petits producteurs locaux de fruits, légumes et œufs, et les bénéficiaires de l’aide alimentaire qui n’ont en général qu’un accès très limité aux produits frais : en 2012, seuls 6,5% d’entre eux consommaient 5 fruits et légumes par jour ! Les consommateurs d’Uniterres ne paient que 10 à 30 % de la valeur des produits, qui sont achetés aux producteurs grâce aux subventions de l’aide alimentaire, utilisées jusque-là pour acheter des produits issus des filières longues. Uniterres a remporté la 7ème édition du Prix 2015 de la Société Civile du Conseil Economique et Social Européen, qui récompense les initiatives européennes en matière de lutte contre la pauvreté.

> En savoir plus sur le programme Uniterres

Marché local de Grabels, Hérault. © Inra

À propos de

Ici.C.Local

Dans le cadre d'une démarche visant à favoriser les circuits courts alimentaires et l'agriculture locale durable, l'Inra a apporté son appui à la Ville de Grabels (34) pour initier un marché circuit court et expérimenter un système participatif d’information et de garantie sur l’origine des produits. Cette expérience a donné lieu au dépôt d'une marque collective sous la dénomination "Ici.C.Local".

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> Ici.C.Local : télécharger le guide pratique