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Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs. dossier grand public. © Inra, Christian Slagmulder

Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs

Les systèmes alimentaires urbains

Rétablir le lien social dans la ville, offrir aux habitants une alimentation de qualité, lutter contre l’exclusion et la pauvreté… voilà quelques-unes des promesses portées par les systèmes alimentaires urbains. Mais rapprocher la campagne de la cité, voire l’y intégrer, suppose un changement de pratiques et davantage de transversalité. L’Inra, et notamment les unités Innovation et Sadapt, jouent un rôle important dans cette mutation.

Par Philippe Fontaine
Mis à jour le 21/12/2016
Publié le 30/11/2016

Jardins familiaux de la ville des Ulis.. © Inra, Olivier Réchauchère
Jardins familiaux de la ville des Ulis. © Inra, Olivier Réchauchère

Les circuits courts rapprochent les producteurs des consommateurs. Mais pas seulement : ils contribuent aussi à renouer le lien entre la ville et la campagne. Depuis une quinzaine d’années, les acteurs impliqués dans le développement urbain multiplient les initiatives et inventent de nouvelles façons d’organiser l’espace pour produire, distribuer et consommer des produits locaux, cultivés au cœur de la cité ou à proximité. Les idées fusent, portées tout autant par les politiques que par les consommateurs, les associations ou encore les acteurs de l’action sociale, dans un contexte politique favorable à la mise en place de Projets Alimentaires Territoriaux (Loi d’Avenir agricole 2014) dont l’Inra suit le développement. Nombre de ces innovations sont à la croisée d’enjeux agricoles. Il peut s’agir par exemple d’alimenter les cantines scolaires en produits frais de qualité. À l’exemple de Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes, dont 100 % des fruits et légumes consommés par les élèves et le personnel municipal sont cultivés en bio sur le territoire de la commune. Ou d’agir sur le foncier, par exemple pour maintenir une ceinture verte qui va contribuer à préserver le paysage, mais aussi favoriser la biodiversité.

Rétablir le lien social entre les habitants

Les systèmes alimentaires urbains, lorsqu’ils s’appuient sur l’agriculture des territoires proches des villes, ont également un rôle social important, puisqu’ils peuvent contribuer à fournir à tous, et notamment aux plus démunis, une nourriture de qualité, par exemple par le biais d’initiatives solidaires telles qu’Uniterres. De même, ils permettent de mobiliser les citoyens autour de l’alimentation, via les jardins associatifs. En plein développement dans toute la France et à l’échelle internationale, ils fournissent aux citadins tout ou partie des fruits et légumes destinés à leur consommation personnelle (au plus court des circuits courts) ou, dans le cadre des jardins collectifs, contribuent à rétablir un lien social entre les habitants du quartier. L’essor est tel qu’en 2013, l’Inra a lancé le projet Jassur financé par l’Agence nationale de la recherche qui visait à étudier durant 3 ans les fonctions, les usages, le fonctionnement et les avantages ou dangers de ces nouvelles pratiques héritées des anciens jardins ouvriers.

Élaborer une véritable politique alimentaire

Signe de cette diversité croissante des systèmes alimentaires urbains, la ville d’Albi vient d’annoncer sa volonté d’accéder à l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. Utopique ? Sans doute, mais  la commune achète déjà des terrains qu’elle confie à de nouveaux maraîchers, qui s’engagent à pratiquer une agriculture écologique, et à vendre leur production en circuits courts. On le voit, les territoires reprennent la main sur leur développement. Mais des barrières subsistent. Et notamment la sectorisation importante au sein de collectivités publiques dont les services gèrent séparément les politiques sociales, environnementales, alimentaires, logistiques ou sanitaires. Or pour que les systèmes alimentaires urbains soient efficaces, il convient de rétablir les connexions entre tous ces services pour adopter une approche transversale permettant d’apporter une réponse adaptée aux enjeux : par exemple, la création d’une légumerie pour pourvoir à la demande en produits frais de la cantine locale. Fidèles à leurs missions, les unités Innovation et Sadapt de l’Inra s’efforcent d’accompagner les différents acteurs pour les conduire à construire ensemble un modèle d’innovation à même de répondre aux enjeux de durabilité, qu’il s’agisse de manger mieux, d’installer des agriculteurs en périurbain et développer l’emploi, ou de préserver l’environnement. Plus largement, à partir de ces systèmes alimentaires urbains, il s’agit pour le département Sad de l’Inra de réfléchir aux moyens de développer des politiques alimentaires en faveur de systèmes plus durables.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement, Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon, Occitanie-Montpellier
Toits AgroParisTech. © Inra, Nicolas Bell

Projet toits potagers urbains en Ile-de-France

À Paris, les fruits et légumes poussent… sur les toits. Et notamment sur celui d’AgroParisTech. Depuis près de 5 ans, les chercheurs de l’unité Sadapt de l’Inra et d’AgroParisTech y mènent des recherches visant à évaluer l’efficacité des substrats composés de déchets organiques, et à mesurer le degré de pollution des récoltes. Une lubie ? Bien au contraire, partout dans le monde, les toits productifs surgissent dès que la surface s’y prête. Et les rendements sont encourageants : ceux d’AgroParistech sont, à leur minuscule échelle, comparables, voire supérieurs à ceux de l’agriculture biologique en Ile-de-France. Un gros bémol toutefois, Paris n’offre que 80 ha de toits plats, potentiellement adaptés à la culture, contre 600 pour Bruxelles, et sans doute des milliers dans toute l’Ile-de-France. Mais déjà, les initiatives se multiplient. Malgré les contraintes. Car rares sont les immeubles, même récents, capables de supporter des charges supérieures à 250 kg par mètre carré. Or les substrats les plus légers dépassent les 300 kg lorsqu’ils sont mouillés. Mais d’autres solutions existent, à commencer par la culture hydroponique. Ici, pas de substrat mais un support inerte comme la fibre de coco, et un système de gouttières qui alimente en eau chargée de nutriments les salades, tomates, et autres fraises qui y sont cultivées. Pour renfoncer ses connaissances sur ce nouveau système alimentaire urbain, l’Inra finance une thèse qui va quantifier certains des services écosystémiques rendus par ces toits, tels que l’approvisionnement alimentaire, l’impact sur la biodiversité ou encore le stockage de l’eau ou du carbone.

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