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Elevages de raison

Du néolithique à nos jours, les hommes ont domestiqué des animaux pour se nourrir, se vêtir ou tout simplement les garder comme animaux de compagnie. Panorama du passage, vers 10 000 avant J.-C., du statut de chasseur-cueilleur à celui d'agriculteur-éleveur.

Reportage sur la tonte des mouton à Bressonvilliers. © NICOLAS Bertrand
Par Maya press pour Inra
Mis à jour le 30/01/2013
Publié le 28/01/2013

La naissance de l’élevage correspond à un tournant majeur dans l’histoire : le passage du statut de chasseur-cueilleur à celui d’agriculteur-éleveur, lors de la période appelée « révolution néolithique » (de 14 000 à 7 000 avant J.-C). Au départ, il semble que le choix des hommes se soit porté sur des animaux faciles à domestiquer, des chiens ou des porcs rodant aux abords des habitations pour se nourrir de détritus, ou des bêtes vivants en troupeaux.

Le bœuf, le cheval, le mouton

Dès l’âge du bronze, le bœuf puis le cheval sont aussi utilisés pour le travail du sol. De nombreuses faisselles, récipients troués, ont aussi été retrouvées et attestent de la fabrication de fromages. L’élevage de moutons en Gaule aurait été important. Il sert à la production et au commerce de laine. Au Moyen Âge, entre le Ve et le XVe siècle, les sources sont moins abondantes et les périodes de troubles nombreuses semblent toucher particulièrement éleveurs et agriculteurs. Mais l’activité paysanne est alors très répandue.
Reste que l’élevage ne tenait encore pas un rôle économique primordial.  « Considéré jusqu’au 18e siècle comme un mal nécessaire, il devait dans le passé et en priorité fournir du fumier, de la laine et des peaux. La viande et le lait ne jouaient pas dans l’économie le rôle que nous leur connaissons maintenant. Il ne prit sont essor qu’au XIXe siècle et ne s’épanouit réellement qu’après la Seconde Guerre mondiale », écrit le docteur-vétérinaire et historien Jacques Risse (1).

Moins de mâles, plus de qualité

Après 1950, de grands progrès sont réalisés en matière d’élevage. L’introduction de l’insémination artificielle notamment est une petite révolution. Elle permet d’économiser la présence de mâles, d’éviter les risques sanitaires de la monte naturelle et offre d’immenses perspectives en termes de qualité, en améliorant génétiquement les animaux par la sélection des meilleurs d’entre eux. Néanmoins, la densité de plus en plus élevée des animaux et l’accroissement des échanges d’une région du monde à une autre, favorisent le développement de nouvelles maladies et leur expansion.

(1)  Histoire de l’élevage français, Jacques Risse, Editions l’Harmattan, 1994.

En savoir plus

De l'extensif à l'intensif

Avant 1950, la pratique de l’élevage se caractérise par une nette domination du système extensif. Les troupeaux pâturent sur de grandes étendues et sont déplacés suivant les saisons. Aujourd’hui ce type d’élevage a très nettement décliné et a laissé place au système intensif que nous connaissons par exemple avec l’élevage de volailles en batteries. Ce type d’élevage vise à accroître le rendement, en augmentant notamment la densité d'animaux sur une exploitation. Cette période coïncide avec une très nette spécialisation par filière et par terroir dans le but d’une rentabilité économique accrue. C’est ainsi que la Bretagne va devenir le principal centre de production animale en France.

Chien de chasse sur un promontoir au dessus de la vallée du Prunelli (Corse). © BOSSENNEC Jean-Marie

Domestication

Nouvelle sédentarité ou vieilles croyances

Les anthropologues ne sont pas tous d’accord sur les raisons qui ont poussé les premiers hommes à domestiquer des animaux. Mais la plupart sont d’accord pour dire que la motivation des premiers éleveurs ne résulte pas d’un besoin de nourriture, la chasse procurant suffisamment de viande. Pour certains, le début de l’élevage coïncide avec la sédentarisation des hommes. Pour d’autres, il serait lié à des croyances selon lesquelles l’homme, soumis à la domination des Dieux, aurait pris le pouvoir sur l’animal. Quoi qu’il en soit, selon l’état des recherches actuelles, le premier animal à avoir été domestiqué est le chien, entre 15 000 et 10 000 avant J.-C.  L’élevage des caprins, bovins, ovins et porcins aurait débuté vers 8 500 avant J.-C. L’aquaculture serait quant à elle apparue en Égypte et en Chine 4 000 ans avant J.-C.

Le blé, le riz, le maïs dès 9 000 avant J.-C.
Les premières plantes ont-elles été domestiquées autour de 9 000 avant J.-C. Au Moyen-Orient, le haricot, l’orge ou le blé y sont déjà cultivés. En Chine, c’est le riz, au Mexique le maïs, ou encore les aubergines et le concombre en Equateur. La domestication des plantes comme celle des animaux est un processus progressif. Après les plantes dites annuelles, des pluriannuelles et des petits arbres ont commencé à être domestiqués comme l’oranger ou l’olivier.