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Une alimentation très coûteuse pour la santé

Trop salée, trop grasse, trop sucrée, inégalitaire, polluante… L’alimentation moderne entraîne de nombreux maux que les chercheurs de l’Inra travaillent à réduire… Et à prévenir.

ALIMENTATION COLLECTIVE  -  CANTINE  d'entreprise
Par Cécile Poulain
Mis à jour le 04/07/2014
Publié le 05/06/2014

Dans le monde 165 millions d’enfants sont malnutris, 2 milliards de personnes souffrent de carences en vitamines et minéraux et 1.4 milliard de personnes souffrent de surpoids… « Dans un même pays, voire au sein d’une même famille ou d’un même individu, peuvent coexister l’obésité et la malnutrition ! Cette alimentation moderne - qui représente en Europe 20 % des émissions de dioxyde de carbone – n’est ni égalitaire, ni durable », juge Christine Cherbut directrice scientifique alimentation à l’Inra.

Elle est trop salée : les Français ingèrent 8,5 grammes de sel par jour, au lieu des 5 grammes recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Cet excès de sel est source d’hypertension artérielle pour 31 % des français. Et cette hypertension est à l’origine de cardiopathies et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) : en baissant la consommation de sel de 10 grammes à 5 grammes par jour d’une population, une étude européenne estime qu’il est possible de réduire le taux global d’AVC de 23 % !

Notre alimentation est aussi trop grasse, trop sucrée : 49 % des Français adultes souffrent de surpoids, et 17.8 % des enfants ! Ce surpoids et son cortège de maladies coûterait à la société 4 milliards chaque année.

Un lien nutrition-santé avéré

 « Environ un tiers des cancers les plus fréquents pourraient être évités grâce à la prévention nutritionnelle dans les pays développés et un quart dans les pays en voie de développement. » explique Dr Michel Chauliac de la direction générale de la santé… On estime aussi que plus de 65 % des cancers des voies aéro-digestives hautes, 50 % des cancers colo-rectaux et plus de 45 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités par une meilleure nutrition.

Mais, malgré les nombreuses initiatives, les habitudes alimentaires de la population restent encore trop souvent éloignées des recommandations. Comment inciter à mieux consommer ? «Faire du choix « santé » le choix le plus facile », analyse Christine Cherbut, « Inciter à consommer mieux nécessite de comprendre ce qui détermine les choix alimentaires pour créer un environnement favorable à l’achat de produits les plus sains : on peut améliorer l’offre alimentaire en réduisant le sel, le sucre ou le gras dans les aliments ou infléchir la demande par des incitations ou des prix. En interne comme avec ses partenaires, l'Inra se structure - au travers notamment d'Aviesan, d'AllEnvi, de Facce-Jpi, du métaprogramme Did’it - pour trouver des solutions.»

Ce qu’entraîne une mauvaise nutrition

Cancers : 365 500 nouveaux cas en 2011. Coûts : 13,2 milliards d’€/an. Maladies cardiovasculaires : 180 000 décès/an (32% des décès). Coûts : 28,7 milliards d’€/an.Diabète (traité) : 3,95% en 2007 (2,5 millions de diabétiques traités). Coûts : 12.5 milliards d’€/an. Obésité : 17%  des adultes. Coûts : 4 milliards/ an.

Ostéoporose : 3 millions de femmes. Fractures du col du fémur : 73 500 séjours hospitaliers (2008). Coûts : 415 millions d’€ pour les coûts directs d’hospitalisation + 331 millions pour les coûts directs de rééducation.

La nutrition joue également un rôle dans de nombreuses autres maladies ayant un coût humain, social et économique important : pathologies digestives, ostéo-articulaires, thyroïdiennes, dermatologiques, neurologiques… Source : Chiffres ministère de la santé

Did’it fouille nos comportements alimentaires

Malgré les nombreuses initiatives, les habitudes alimentaires de la population restent encore trop souvent éloignées des recommandations. La compréhension des pratiques et comportements, leurs évolutions et leurs déterminants éclaire les autorités publiques, les acteurs économiques et la société civile pour des politiques adaptées à l’état de santé de la population.

Comprendre comment se forgent les comportements et les habitudes alimentaires et leurs relations avec la santé implique une recherche intégrée et pluridisciplinaire. L'Inra s’y est engagé avec le métaprogramme Did’it, déterminants et impacts de la diète, interactions et transitions.

http://www.didit.inra.fr/

http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Dossiers/les-rencontres-du-SIA-2014/Rencontre-SIA-2014-comportement-alimentaire/(key)/8