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Marché alimentaire à Udaipur, Rajasthan,  INDE . © LE BASTARD Rémi

Nourrir les hommes durablement

Notre alimentation n’est pas durable

Polluante, énergivore l’alimentation moderne est aussi accusée d’accroître les inégalités de santé au sein des pays riches et entre pays riches et pauvres. Face à un environnement incertain et une population en croissance, les experts cherchent de nouvelles voies pour une alimentation plus durable.

Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 17/01/2013

En 2011 il y avait 500 millions de personnes obèses dans le monde. © Inra, MAITRE Christophe
En 2011 il y avait 500 millions de personnes obèses dans le monde © Inra, MAITRE Christophe
Une alimentation énergivore

Plus de 40 % de l’empreinte carbone, générée par la ville de Londres serait imputable à son système alimentaire ! Gourmande en CO2, l’alimentation des pays du Nord est aussi énergivore : au Royaume-Uni, toujours, la consommation énergétique de l’ensemble du système alimentaire représente environ 13 % de l’énergie totale consommée dans le pays ! Et l’agriculture au sens strict ne représente que 5 % de cette énergie consommée ! La majeure partie de l’énergie utilisée par notre alimentation est en fait consommée pour son transport, sa logistique, sa transformation et son emballage ! Ces chiffres diffèrent bien-sûr selon les pays : aux Etats-Unis, l’agriculture y est plus énergivore et représente 22 % de la consommation énergétique de l’ensemble du système alimentaire. Et les activités de transformation, commercialisation et transport totalisent plus du double de la consommation énergétique de l’agriculture. Si les produits agricoles sont consommateurs d’énergie, ils le sont moins que l’ensemble des activités qui les transforment et les acheminent jusque dans l’assiette.
Energivore, le système alimentaire est aussi inégalitaire : en 2011 il y avait 500 millions de personnes obèses dans le monde, soit 7 % de la population mondiale et ce chiffre pourrait atteindre 12 % en 2020 si les tendances actuelles se poursuivent ! En France, 14.5 % de la population française en 2009 est obèse ! Si certains, au Nord mangent trop, d’autres pas assez : à cause d’un manque de nourriture, le retard de croissance en taille touche dans le monde un enfant de moins de 5 ans sur trois ! En Afrique, c’est un enfant sur trois, voire un sur deux qui est touché par ce retard de croissance. En Inde ou au Bengladesh, c’est un peu moins d’un enfant sur deux qui souffre de malnutrition. L’anémie nutritionnelle touche plus de deux milliards de personnes dans le monde.

Comment faire face à de telles disparités ?

Ces inégalités d’accès à l’alimentation risquent d’augmenter dans les prochaines années. Selon Catherine Esnouf qui a coordonné l’étude duALIne, « le système alimentaire actuel n’est pas parvenu à réduire la sous-alimentation, dont l’importance s’accroît à nouveau depuis une quinzaine d’années. Les tensions sur les marchés de matière première agricole laissent craindre un maintien de prix plus élevés que durant les trois dernières décennies, avec des flambées si les faiblesses du stock se poursuit. Le prix du pétrole devrait également augmenter et connaître aussi des flambées compte tenu de la tension croissante sur le marché de l’énergie. La circulation croissante des marchandises à l’échelle mondiale devrait augmenter le risque des crises sanitaires ».
Augmenter la production, réduire les pertes et ralentir la progression de la demande… Les experts cherchent aujourd’hui des solutions pour que le secteur alimentaire puisse faire face à un environnement instable et incertain. Ils s’intéressent également aux moyens de réduire les tensions sur les marchés tant des matières premières agricoles que de l’énergie.