Pertes et gaspillage alimentaires. A la fin d'un marché alimentaire traditionnel, les fruits et légumes abimés ou invendus jonchent le sol.. © Inra, Jean Weber, Inra

Réduire les pertes et gaspillages alimentaires

Par Emmanuelle Manck
Mis à jour le 08/06/2016
Publié le 08/06/2016

Légumes laissés au champ, pain à peine entamé à la cantine, rôti oublié au fond du réfrigérateur : des pertes et des gaspillages de denrées se produisent tout au long de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur. Cumulés, de petits abandons deviennent des milliers de tonnes de nourriture perdue. L’Inra fait le point sur l’ampleur, les causes et les conséquences de ces pertes et gaspillages afin de proposer des pistes d’action pour les réduire.

Depuis une décennie se pose une question cruciale pour notre sécurité alimentaire : comment s’assurer que les neuf à dix milliards de personnes que nous serons sur terre en 2050 pourront être nourries convenablement ? Le sujet des pertes alimentaires et des gaspillages s’impose dans cette réflexion : 1,3 milliard de tonnes d’aliments est perdu ou jeté chaque année, alors que 800 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde !
Loin de les considérer comme une composante inévitable de nos systèmes agricoles et alimentaires, l’Inra étudie ces « pertes et gaspillages » pour les quantifier, les comprendre et proposer des pistes d’actions concrètes permettant de les réduire.  
Différents systèmes sont déjà à l’œuvre pour réduire les gaspillages, comme la transformation des produits non conformes aux normes (de taille ou d’aspect) pour l’alimentation humaine ou animale ou le recyclage des déchets alimentaires. De nouvelles mesures sont actuellement mises en application, comme le tout récent renforcement des obligations de dons alimentaires pour la grande distribution1.  Sachant que, dans les pays occidentaux, les gaspillages se produisent en premier lieu à domicile et dans la restauration, il est encore plus important de sensibiliser l’opinion à une consommation mieux organisée. Il est également crucial de réduire les pertes en amont, dès la production agricole, pour diminuer non seulement les manques à gagner alimentaires, mais aussi les impacts écologiques et économiques qui lui sont inutilement associés.
Différents chercheurs ont réuni leurs compétences pour définir et analyser de manière globale et actualisée les enjeux socio-économiques et environnementaux des pertes agroalimentaires. Ils ont mesuré l’ampleur des pertes et gaspillages en France et défini leurs spécificités dans les filières végétales et animales, mais aussi dans les milieux urbains afin d’identifier des pistes d’actions adaptées. Ainsi, une vision plus complète et précise de la situation a pu être obtenue, condition essentielle à des solutions réalistes et applicables ou à la poursuite de recherches à la base solide sur certains points.

(1) Loi n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Catherine Esnouf, directrice scientifique adjointe Alimentation

Etude

Pertes et gaspillages alimentaires en milieu urbain: leviers pour une réduction

L’Inra a conduit une étude prospective sur les 10 à 15 prochaines années sur l’optimisation des usages alimentaires et la réduction du gaspillage en ville. L’étude a été menée à la demande de la direction scientifique de l’Inra « Alimentation et bioéconomie », pour identifier des besoins de recherche en amont de la programmation des recherches. > En savoir plus

En vidéo

Une précédente étude sur les pertes selon les filières agricoles et alimentaires

Réduire les pertes agricoles et alimentaires est essentiel pour la sécurité alimentaire mondiale comme pour préserver nos ressources (sols, eau) et notre climat. Le carrefour de l’innovation agronomique du 26 novembre 2015 a fait le point sur leur quantification et les moyens de les réduire. > Voir les vidéos du colloque