• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
TRUFFE. © © INRA, OlgaKriger - Fotolia

Truffes : les chercheurs ont du nez !

Unir l’arbre et la truffe pour lutter contre sa disparition

La production de truffe s’est aujourd’hui stabilisée entre 30 et 50 tonnes en France grâce aux travaux de l’Inra associant en laboratoire, dès les années 70, l’arbre et son champignon.

Mis à jour le 09/12/2013
Publié le 06/12/2013

À la fin du XIXe siècle, la production française de truffe noire avoisinait les 1 600 tonnes, il y a 50 ans elle était d’environ 100 tonnes. Depuis le début du XXIe siècle, la production oscille aux alentours de 50 tonnes avec une légère tendance à l’augmentation depuis quelques années. Cette forte chute de production s’explique, entre autres, par des facteurs sociétaux comme l’exode rural, l’arrêt du pastoralisme, les changements d’utilisation des sols et la fragmentation des paysages ruraux. Les changements climatiques sont également évoqués et il est certain que la sécheresse du sol a un impact négatif sur la production de truffes. Dans une expérience réalisée à la fin des années 70, François Le Tacon de l’Inra de Nancy et ses collaborateurs ont montré qu’un apport d’eau régulier pendant la période estivale pouvait augmenter fortement (plus de 40 fois) la production de truffe noire. D'autres facteurs peuvent intervenir, comme la qualité des sols ou la compétition entre champignons mycorhiziens. Les espèces de truffes nobles mises en culture, telles la truffe noire du Périgord ou la truffe de Bourgogne (T. aestivum), sont parfois remplacées par des espèces à fort pouvoir colonisateur comme la truffe brumale (T. brumale) ou éventuellement la truffe de Chine (T. indicum) bien que cette dernière n’ait pas encore été implantée en France. Ces compétitions souterraines sont d'autant plus dommageables que ces dernières espèces ont un intérêt gastronomique moindre.

  Vitroplants de noisetiers clonés, inoculés par du mycélium ou ascospores de Truffe. © GUINBERTEAU Jacques
Vitroplants de noisetiers clonés, inoculés par du mycélium ou ascospores de Truffe. © GUINBERTEAU Jacques

Au XVIIIᵉ siècle, on obtient des truffes en semant des glands d'arbres truffiers. L’association entre le jeune arbre et le champignon se fait alors naturellement et aléatoirement dans le sol. Mais ce n'est que dans les années 1970 que l'Inra met au point les techniques d'inoculation de l'arbre hôte par le champignon. Elles consistent à associer la truffe à un arbre (chêne, noisetier, charme, tilleul, etc.) avant de réaliser des plantations. Les chercheurs repiquent de jeunes arbres dans des conteneurs de spores de truffe. Plantés sur un terrain propice, ces arbres développent dans leurs racines ces champignons. Car c’est de cette union bénéfique dite symbiose, que résulte une fructification comestible et délicieuse : la truffe. Cette dernière n’est rien d’autre que le résultat d’une collaboration harmonieuse entre l’arbre et le champignon.
Les trufficulteurs français plantent ainsi chaque année quelque 300 000 arbres truffiers, soit 1 000 à 1 200 hectares. Aujourd'hui, 90 % de la production de truffe noire du Périgord provient de plants truffiers inoculés selon cette méthode. Mais, malgré les efforts réalisés pour la cultiver, la production de truffes dépend beaucoup des caractéristiques du sol et du climat. Pour Claude Murat, chercheur à l’Unité Interactions Arbres/Micro-organismes « la production de truffes est encore loin d’être contrôlée à cause d’autres facteurs mal connus comme la reproduction du champignon, le statut physiologique de la plante-hôte et les interactions entre le mycélium truffier et les autres champignons et bactéries du sol ».

Le cycle de vie de la truffe

La truffe est invisible à l'œil nu à sa naissance au printemps. Contrairement à la plupart des champignons dont la fructification atteint leur maturité en quelques jours, le développement de la truffe se prolonge sur six mois. Elle grossit en été et en automne, et arrive à maturité en hiver. C'est au cours de cette maturation, pendant laquelle la fructification se remplit de spores, que la truffe développe son arôme et acquiert sa pigmentation brun noirâtre caractéristique.