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Bourgeons de hêtres en phase hivernale. © Inra, Fabrice Bonne

Quand le réchauffement climatique perturbe les saisons du vivant

Le génétique contre le climatique

Le réchauffement climatique bouleverse les conditions environnementales au sein desquelles les arbres s’épanouissent. Ces modifications météorologiques menacent la production fruitière. Pour stabiliser cette production, des chercheurs de l’Inra Paca scrutent l’ADN des arbres dans l’espoir d’y déceler des marqueurs génétiques d’adaptation au climat.

Par Clément Delorme pour Inra Paca
Mis à jour le 12/11/2013
Publié le 24/10/2013

Production de pêches en vergers. © Inra, Anne Glémin
Production de pêches en vergers © Inra, Anne Glémin

« Les plantes pérennes, comme les arbres fruitiers, sont adaptées aux conditions environnementales dans lesquelles elles poussent », explique Jean-Marc Audergon, généticien au sein de l’unité Génétique et amélioration des fruits et légumes (GAFL) d'Avignon. Seulement voilà, le contexte environnemental n’est plus aussi stable qu’un demi-siècle en arrière. Le réchauffement climatique déclenché par la main de l’homme vient changer les règles du jeu. Le climat s’affole et les conditions de développement des plantes s’en ressentent.

Plasticité

L’un des problèmes principaux de ce bouleversement climatique tient au fait qu’il varie beaucoup trop vite au regard de la durée de vie des arbres. « Ils s’épanouissent dans un environnement bien précis et possèdent des capacités d’adaptation très limitées. Ils font preuve de peu de plasticité », indique l’ingénieur de recherche. Les plantes pérennes subissent donc de plein fouet l’oscillation des températures au fil des ans, menaçant ainsi la production de fruits en France.

Pour essayer d’endiguer ce phénomène qui pourrait s’avérer désastreux pour les arboriculteurs, les scientifiques du GAFL travaillent de concert avec l’unité Agroclim, un autre laboratoire de l’Inra en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Tandis que les seconds utilisent des modèles pour prévoir l’effet du changement climatique sur la phénologie des plantes (le rythme de l’enchaînement des stades vitaux de la nature (débourrement, floraison, maturation…), les premiers utilisent leurs résultats pour identifier des parties du génome des arbres impliquées dans cette phénologie pour choisir les variétés les plus adaptées au climat prévisible pour demain.

Patrimoine génétique

« En effet, précise le généticien, la phénologie est à la fois sous contrôle climatique et génétique. » Et comme il est bien difficile d’imaginer agir sur le levier climatique, les scientifiques investissent la voie génétique. « L’objectif est double. D’abord, il s’agit de voir si la diversité génétique que l’on connaît déjà sur différentes espèces d’arbres va permettre aux arbres de s’adapter.» Ensuite, les généticiens aimeraient identifier les parties du patrimoine génétique qui interviennent dans la phénologie des arbres. De cette manière, on pourrait espérer réaliser des arbres hybrides, plus résistants au changement climatique. « L’arbre idéal est dit résilient, c’est-à-dire qu’il peut s’adapter à des situations météorologiques différentes (humidité puis sécheresse, froid et chaleur…) Mais pour l’instant, il est trop compliqué d’élaborer de telles plantes. Nous nous concentrons actuellement sur la régularisation de la production, en recherchant des arbres aux floraisons stables, régulières avec des fleurs normales, à l’exemple de variétés d'abricot comme ‘Vertige’ et ‘Bergerval® Aviclo’ », développe Jean-Marc Audergon

Ainsi, les chercheurs de l’unité GAFL travaillent à distinguer des espèces d’arbres adaptées au changement climatique. Un travail de longue haleine, puisqu’il faut entre 10 à 20 ans pour effectuer une telle sélection.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Jean-Marc Audergon, unité Génétique et amélioration des fruits et légumes (GAFL). Inra Paca, site d’Avignon