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Faux bourdon entouré d’ouvrières.. © Inra, MORISON Nicolas

Les chercheurs volent au secours des abeilles

Abeilles : un déclin préoccupant

L’image, qui nous vient de Chine, a de quoi choquer : des dizaines d’enfants, debout sur les branches des pommiers, pollinisent une à une les fleurs au pinceau, du fait du manque de pollen compatible et de l’absence d'insectes pollinisateurs. Voilà à quoi ressemblerait un monde sans pollinisateurs, sans abeilles. Si la Chine est un cas extrême, le déclin des abeilles est bel et bien un phénomène global, observé dans des pays extrêmement divers. Aux États-Unis, par exemple, la situation est des plus dramatiques : les pertes se situent autour de 35%, avec des périodes catastrophe, comme l’hiver 2006-2007, où près de la moitié des colonies a disparu. En France, depuis au moins dix ans, autour de 25% des colonies ne passent pas l’hiver, alors que le taux normal devrait se situer au-dessous de 10%. Difficile néanmoins de dresser un constat précis : d’une part, les apiculteurs ne déclarent pas toujours leurs pertes, et d’autre part, la réalité du terrain est trop complexe pour être appréhendée par des indicateurs simples d’emploi. Quelques données cependant, recueillies par l’Institut de l’abeille (ITSAP) : c’est l’Alsace qui serait la plus touchée, avec 35% de pertes hivernales annuelles sur la période 2008-2011, suivie par la région Midi-Pyrénées, qui rapporte 28% de pertes. La région PACA et la Corse font baisser la moyenne nationale (25%), avec des pertes situées autour de 17%. 

Mis à jour le 21/10/2014
Publié le 01/05/2014

Plusieurs causes pour un phénomène global

Comment expliquer un phénomène qui affecte aussi bien la Chine que la France, les USA que la Belgique, l’Angleterre que l’Espagne ? Voilà tout un défi pour la science. D’ailleurs, plus aucun chercheur ne prétend expliquer par une cause unique les pertes qu’affrontent, année après année, les apiculteurs.
On attribue actuellement le déclin des abeilles à trois causes principales en constante interaction. D’un côté les pesticides, dont on commence à mieux connaître les effets subtils sur la physiologie de l’abeille. De l’autre, les pathogènes et prédateurs qui exercent une pression de plus en plus forte sur des colonies affaiblies. Enfin, les changements environnementaux et l’agriculture intensive qui, dans bien des endroits, privent les abeilles d’une alimentation constante et de qualité. Pourtant, impossible actuellement de hiérarchiser ces causes pour dire laquelle a le plus fort impact sur les colonies.
D’autres causes ont aussi été évoquées : de mauvaises pratiques apicoles par exemple, ou encore, le changement climatique. Concernant la première cause, les chercheurs n’y croient pas vraiment : les apiculteurs sont de mieux en mieux formés, et, hormis des accidents ponctuels, impossible de les rendre responsables du déclin de leur cheptel. La deuxième n’a pas non plus le vent en poupe, puisque l’abeille européenne s’accommode aussi bien des climats méditerranéens que continentaux. À moins Abeilles marquées avec des pastilles de couleurs pour créer différentes cohortes.. © © INRA, MORISON Nicolas
Abeilles marquées avec des pastilles de couleurs pour créer différentes cohortes. © © INRA, MORISON Nicolas
que le réchauffement ait un effet indirect : en favorisant la multiplication des insectes, il pousserait les agriculteurs à augmenter les doses de pesticides.

Compteur d’abeilles : Big Brother dans la ruche

Moderne et efficace, le compteur d’abeilles développé à l’Unité Abeilles et Environnement (Inra Paca), va faire fureur parmi les chercheurs et les apiculteurs. Composé d’un boîtier équipé d’une caméra, ce dispositif permet de compter une à une les abeilles qui entrent ou sortent de la ruche. En marquant certains individus avec de petites étiquettes numérotées, on peut aussi connaître leurs heures d’entrée et de sortie ou encore, leur espérance de vie. Voilà qui est bien utile pour évaluer l’effet de pesticides, pathogènes et autres agresseurs. Ce compteur d’abeilles, qui sera bientôt commercialisé par la société Apinov, a obtenu le prix World Beekeeping Award 2013, décerné lors du congrès international Apimondia.