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Fosse pédologique et profil de sol réalisés lors de la mise en place de plaques lysimétriques pour l'étude et le suivi de  l'eau du sol (site ORE Inra de Lusignan).. © Inra, CHARRIER Xavier

Microcosmos

Ça gaze, une histoire de diversité

N2O, CO2, les sols lâchent leurs gaz ! Au premier rang des accusés : les microorganismes qui ne s’interdisent pas, au gré de leurs cycles chimiques complexes (carbone, azote, fer, phosphore) de décomposition de la matière organique, de les larguer dans l’atmosphère.

Publié le 28/11/2014

Pollueurs ! On le savait pour les industries, les hommes, les vaches,… mais les microorganismes ? Qu’ils s’attaquent aux feuilles, tiges ou bois accumulés en continu sur le sol ou qu’ils absorbent l’azote de l’air pour le relarguer sous terre, ces géniaux petits chimistes « telluriques » sont essentiels pour la nutrition des plantes. Impliqués dans le cycle du carbone, de l’azote, du fer ou du phosphore, ils transforment chimiquement la matière organique du sol via des enzymes qui dégradent et minéralisent. Ce qui les amène à absorber ou rejeter du CO2 ou N2O. Pierre-Alain Maron, chercheur à l’UMR Agroécologie de Dijon, évalue le rôle de la diversité microbienne pour transformer le carbone. «Les microorganismes telluriques peuvent beaucoup varier selon les types de sol et les pratiques agricoles… et leur émission de gaz à effet de serre changer d’autant ! En inoculant des sols stériles avec différentes communautés microbiennes nous nous sommes aperçus que plus la diversité des communautés était forte, plus la minéralisation de la matière organique et la libération de CO2 associée étaient importantes! Les émissions peuvent aller du simple au double. Les sols cultivés ne sont pas forcément plus pauvres que les sols « naturels » en matière de biodiversité des microorganismes : un peu de perturbation anthropique peut donner plus de diversité. Elle est essentielle : chacun vit dans des niches différentes. Et, s’il manque quelques espèces, les niches vides ne seront pas exploitées, et l’on baisse la capacité du sol à décomposer la matière organique… On appauvrit la nutrition des plantes et également l’environnement ». Les chercheurs travaillent sur cette équation à multiples inconnues : trouver les bons candidats telluriques nécessaires à la croissance des plantes, maximiser ainsi le potentiel de production tout en minimisant les émissions de CO2 et de N2O.