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Biodiversité : à la recherche du juste prix

Combien vaut la biodiversité ? Quel est le coût de son déclin ? Une notion, celle  de services écosystémiques, est de plus en plus utilisée dans des situations concrètes de gestion pour attribuer une valeur économique de la biodiversité. Les recherches de l’Inra sur les services rendus par les systèmes agricoles et forestiers (métaprogramme Ecoserv) s'intéressent à cette question.

PASSAGE  spécial pour ongulés sauvages au dessus d'une autoroute. Rétablissement d'une continuité écologique (plateau de Saint André, Eure).. © © INRA, CAUVIN Brigitte
Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 15/04/2015
Publié le 26/03/2015

Les services écosystémiques sont définis comme les bénéfices que les êtres humains tirent du fonctionnement des écosystèmes. On distingue plusieurs catégories dont : les services de production (air, eau, nourriture, molécules utiles,...), les services de régulation (effet tampon sur les inondations, inertie climatique, ...), les services culturels (bénéfices spirituels, récréatifs, scientifiques, ...). L’expression « services écosystémiques » a été popularisée en 2005 dans le rapport Millenium Ecosystem Assessment (Evaluation des écosystèmes pour le millénaire). À la demande de l’ONU, 1 360 experts ont  évalué entre 2001 et 2005, sur des bases scientifiques, l’ampleur et les conséquences des modifications subies par les écosystèmes dont dépendent notre survie et le bien-être humain.

Le lien entre biodiversité et services écosystémiques n’est pas évident. Ainsi, lors d’une promenade au bord de mer (service récréatif), il ne viendrait à personne l’idée de relier la valeur de cette promenade à la richesse du fond marin... Aujourd’hui, on commence tout juste à apprendre à valoriser la biodiversité pour faire face à son érosion au niveau planétaire. L’approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes est à l’agenda national et international de l’Inra depuis les années 2000.  Par exemple, des chercheurs de l’Inra estimaient en 2005 la valeur économique de l’activité pollinisatrice des insectes, essentiellement des abeilles, à 153 milliards d’euros. Soit 9,5 % en valeur de l'ensemble de la production alimentaire mondiale. La nécessité de progresser encore sur la quantification, l’objectivation des services écosystémiques persiste. Aujourd’hui, les recherches de l’Institut se sont organisées autour d’un grand programme Ecoserv qui a fait l’objet d’une rencontre professionnelle au dernier salon de l’agriculture. À cette occasion, la question de l’évaluation et du paiement des services a été abordée (voir ci-dessous le lien vers la vidéo de l’intervention de Guillaume Sainteny). Infographie :

Services rendus par les écosystèmes agricoles et forestiers : un programme Inra

Les relations entre agriculture et protection de la nature ont une longue histoire, marquée à la fois par des oppositions et de multiples formes de coopération ; ces relations sont aujourd’hui analysées à travers la notion de services écosystémiques. L'agriculture est en première ligne pour la gestion de ces services : production de nourriture, pollinisation et régulation des bioagresseurs, qualité des sols et des eaux, préservation de la biodiversité patrimoniale... Le métaprogramme EcoServ de l’Inra est consacré aux services rendus des activités agricoles et forestières et à leur préservation à long terme. Il permet d’identifier lesdits services et leurs populations cibles, de les quantifier, les évaluer et les localiser. Il doit permettre de proposer des politiques publiques prenant mieux en compte la diversité des services attendus de l’agriculture.

> En savoir plus sur Site du métaprogramme Ecoserv

VIDEOS

Services écosystémiques : regards d’acteurs

Retrouvez les vidéos de la rencontre professionnelle « Services écosystémiques : regards d’acteurs » organisée au Salon international de l’agriculture 2015 en cliquant ici.