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Le parfum de l’amour

Libérées par la plupart des espèces animales, y compris l’homme, les phéromones sont l’un des principaux vecteurs de communication chimique. Ces substances, particulièrement importantes dans la reproduction sexuelle de nombreuses espèces d’insectes, trouvent d’intéressantes applications en agriculture.

Par Service de presse
Mis à jour le 27/05/2013
Publié le 20/01/2012

Pour beaucoup d’animaux, l’univers est olfactif avant d’être visuel ou auditif. Parfums de fleurs, odeurs de fruits, relents de prédateurs et fragrances de partenaires sexuels potentiels guident à tout moment leur comportement. Parmi ces messagers olfactifs, on trouve les phéromones. Ces substances chimiques, propres à chaque espèce, sont libérées dans le milieu extérieur et déclenchent chez un autre individu un comportement ou une réaction physiologique spécifique. Elles constituent le principal mécanisme de communication de nombreux insectes dont l’odorat est parmi le plus développé du monde vivant. Les phéromones sexuelles, en particulier, jouent un rôle essentiel pour la reproduction.

La nuit, laissez-vous guider par les odeurs…

Chez les papillons nocturnes, les chances d’un accouplement seraient très faibles sans émission et réception de phéromones. En émettant un signal odorant depuis une glande abdominale, la femelle attire le sexe opposé. Chaque espèce possède sa propre phéromone, très souvent un mélange de plusieurs molécules volatiles. Libérée en très faibles quantités, entre 1 et 100 milliardièmes de grammes, elle est pourtant perçue par les mâles à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Le signal les invite à remonter le panache odorant pour retrouver la femelle.

D’importantes recherches ont été menées à l’Inra* depuis les années 70 sur les phéromones des papillons de nuit qui ont une action dévastatrice en particulier sur les cultures maraîchères, le maïs, la vigne ou les fruits. Elles ont permis notamment d’identifier les phéromones des principales espèces de ravageurs afin d’en réaliser la synthèse chimique, mais aussi les mécanismes comportementaux et neuronaux mis en jeu. Ces travaux ont été conduits à des fins expérimentales d’abord, puis pour la conception de nouvelles méthodes de lutte contre les ravageurs.

Les mécanismes de l’olfaction impliqués dans la communication phéromonale des insectes sont maintenant bien connus. On sait que les antennes sont équipées de neurones olfactifs munis de récepteurs membranaires très spécifiques pour les phéromones. On sait aussi que des zones du cerveau de l’insecte comportent des structures dédiées au traitement des informations nerveuses fournies par ces neurones. De ce fait, des molécules antagonistes pourraient bloquer ces récepteurs, empêchant la détection du signal et, par conséquent, la rencontre des sexes.

D’autres recherches sont en cours sur les facteurs environnementaux qui modulent la réponse comportementale de l’insecte à la phéromone. Ainsi, les odeurs végétales, en présence de la phéromone, peuvent-elles modifier le comportement de l’insecte : les mâles de plusieurs espèces de papillons sont plus attirés, par exemple, par des mélanges de phéromone et de composés volatils provenant de plantes dont se nourrissent les chenilles ou de fleurs visitées par ces papillons. Mieux comprendre ces synergies entre odeurs végétales et phéromones pourrait permettre le développement de nouvelles stratégies de lutte contre les ravageurs, et l’amélioration des méthodes de piégeage sexuel.

*Unité Physiologie de l’insecte : signalisation et communication. Centre Inra de Versailles-Grignon ; unité Santé et agroécologie du vignoble. Centre Inra de Bordeaux-Aquitaine